Coming-out : 17% des Français ont vécu cette confidence selon une étude
Coming-out : 17% des Français l'ont vécu selon une étude

Le coming-out, une expérience partagée par 17% des Français

Selon un sondage de la Fondation Jean Jaurès publié en octobre 2024, 17% des Français ont vécu le coming-out de quelqu'un. Cela représente plus d'un million de personnes ayant reçu les confidences d'une personne décidant de révéler son appartenance à la communauté LGBTQI+.

Le témoignage de Florent Manelli

Florent Manelli, né en 1989, fait partie de ceux qui ont partagé cette expérience. Il a effectué son coming-out homosexuel à ses parents en 2011. Dans son livre Au-delà du placard, renverser la honte, repenser l'intime, publié aux éditions Les Liens qui Libèrent, il explore l'importance du coming-out pour la communauté LGBTQ+ et sa dimension politique.

Pourquoi écrire sur le coming-out ?

« Le coming-out est un élément important de la vie des personnes LGBTQ+ », explique Florent Manelli. « C'est un moment où on se dévoile à soi-même et à autrui, sans jamais être certain de la réaction. C'est aussi devenu un symbole, beaucoup raconté dans les médias et le divertissement, mais souvent de manière intime. Je trouvais qu'il manquait une approche mêlant analyse universitaire et récits personnels. »

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Un acte politique

Pour l'auteur, le coming-out est fondamentalement politique. « Il n'y aurait pas besoin de ce rituel sans notre monde dominé par l'hétérosexualité. La sortie du placard est un cri de visibilité pour exiger des vies dignes pour tous », affirme-t-il. Il rappelle les origines de cette démarche avec les premières révoltes homosexuelles à la fin des années 1960, notamment les émeutes de Stonewall en juin 1969, et l'émergence des marches des fiertés.

Une obligation ?

Florent Manelli a effectué son coming-out à plusieurs reprises : auprès de ses amis, de sa fratrie, puis de ses parents. « Pour ma génération, c'était une ligne de mire à atteindre pour vivre pleinement », confie-t-il. « Mais en réalité, le coming-out n'a rien d'obligatoire. C'est un cheminement intime et personnel, choisi par l'individu en fonction des espaces où il évolue : travail, amis, famille, milieu médical. Certains vivent toute leur vie dans le placard tout en ayant une vie sentimentale riche. »

Les femmes et le coming-out

L'auteur observe que les lesbiennes et femmes bisexuelles effectuent généralement leur coming-out entre 20 et 25 ans, soit un peu plus tard que les hommes. « Cela s'explique par le manque de visibilité dans les industries du divertissement et l'injonction à l'hétéronormativité et au patriarcat, qui pèse davantage sur les femmes », analyse-t-il. « Les études montrent qu'elles ont des expériences plus diversifiées, mais mettent plus de temps avant d'avoir des relations exclusives avec des femmes. »

Soft power occidental

Florent Manelli souligne que le coming-out est parfois utilisé comme un outil de distinction entre le Nord global, présenté comme éduqué et ouvert, et le Sud global, considéré comme arriéré. Il cite l'exemple des demandeurs d'asile LGBTQ+ en France, dont les récits devant l'OFPRA ou la CNDA doivent souvent inclure un coming-out selon des critères occidentaux. « Il n'y a pas qu'une seule manière d'être Queer », rappelle-t-il. « Les difficultés rencontrées n'empêchent pas nécessairement d'explorer d'autres modèles relationnels. »

Redonner une couleur politique

Pour l'auteur, il est essentiel de redonner une dimension politique au coming-out en 2026. « Convoquer le coming-out, c'est lui redonner plus de sens que la simple narration intime à laquelle on est soumis depuis des décennies », estime-t-il. « C'est un excellent outil de visibilité qui révèle une société avec une multiplicité de systèmes de domination. Il peut nous interroger plus largement sur nos structures sociales et notre organisation collective. »

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