Aurore Bergé à Toulon : lutte contre les violences faites aux femmes et éducation
Aurore Bergé : violences faites aux femmes, éducation et discriminations

Ce vendredi 5 juin 2026, Aurore Bergé, ministre de l’Égalité entre les femmes et les hommes et de la lutte contre les discriminations, a répondu aux questions des lectrices de Var-matin lors d’un échange organisé à la maternité de l’hôpital Sainte-Musse à Toulon. La ministre a abordé de nombreux sujets, allant des violences faites aux femmes à la montée du masculinisme, en passant par les droits des personnes LGBT et la recrudescence des actes racistes et antisémites.

Violences conjugales : des mesures concrètes

Aurore Bergé a souligné l’urgence de lutter contre les violences faites aux femmes et aux enfants. Depuis le début de l’année 2026, 45 femmes ont été tuées par leur conjoint ou ex-conjoint en France, et 39 enfants sont devenus orphelins. Pour libérer la parole, la ministre a signé une convention permettant aux femmes victimes de violences de déposer plainte directement à l’hôpital ou de recueillir des preuves médico-légales sans dépôt de plainte immédiat. Cette mesure vise à réduire le nombre d’allers-retours avant le dépôt de plainte, qui est en moyenne de sept, et à accélérer la prise en charge.

Masculinisme et éducation

Interrogée sur la menace du masculinisme, la ministre a déclaré : « Aujourd’hui, le livre de chevet de nos enfants, c’est TikTok. » Elle a dénoncé une idéologie de la revanche qui cible les plus jeunes via les algorithmes des réseaux sociaux, et a insisté sur la nécessité de l’éducation et de la protection pour contrer ce phénomène.

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Occupation de l’espace public

Face au constat que près de la moitié des femmes renoncent à sortir seules ou à s’habiller comme elles le souhaitent, Aurore Bergé a rappelé que la loi punit déjà l’outrage sexiste. Elle a évoqué des mesures dissuasives comme l’interdiction d’accès aux gares pour les agresseurs, et a souligné l’importance d’un changement culturel pour que les auteurs se sentent en danger lorsqu’ils commettent ces actes.

Contrôle coercitif et hébergement d’urgence

La ministre a salué l’inscription du contrôle coercitif dans la loi, qui permet de mieux reconnaître ces violences et d’adapter les sanctions. Elle a insisté sur la formation des policiers, magistrats et professionnels de santé. Concernant l’éloignement des agresseurs, elle a rappelé que la priorité est la mise à l’abri des victimes, avec des hébergements d’urgence, et que le choix du logement doit revenir à la victime.

Discriminations et racisme

Aurore Bergé a également abordé la recrudescence de l’antisémitisme et du racisme, rappelant qu’en 2025, trois crimes racistes ont été commis en France, dont un dans le Var. Elle a mis en garde contre le vote RN, affirmant qu’il ne renforcerait pas les droits de chacun.

Droits LGBT et GPA

La France est classée 15e en Europe pour les droits LGBTQIA+ selon le rapport ILGA-Europe. La ministre a évoqué les mesures numériques et judiciaires, comme l’obligation pour les plateformes de rencontre de conserver les données des profils supprimés pour lutter contre les guets-apens homophobes. Elle a également annoncé le déploiement du programme EVARS de la maternelle au lycée. Sur la GPA, Aurore Bergé s’est déclarée contre, au nom de la dignité des femmes, tout en réaffirmant la nécessité de protéger les enfants nés de GPA à l’étranger.

Cet échange riche a permis de mettre en lumière les priorités du ministère et les actions concrètes menées pour l’égalité et la lutte contre les discriminations.

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