Aurore Bergé : le sport féminin a franchi une étape
Aurore Bergé : le sport féminin a franchi une étape

La ministre déléguée à l'Égalité entre les femmes et les hommes, Aurore Bergé, sera présente ce dimanche à Nice pour l'arrivée du Tour de France Femmes. Dans un entretien, elle se réjouit de la visibilité croissante du cyclisme féminin, mais alerte sur les défis persistants : précarité économique des athlètes et lutte contre les violences sexistes et sexuelles dans le sport.

Un engouement populaire et des audiences en hausse

« Je crois qu'on a franchi une étape », affirme Aurore Bergé, soulignant l'enthousiasme du public et l'intérêt des villes pour accueillir la course. « Les villes se battent pour accueillir le Tour de France Femmes presque autant qu'elles se battent pour le Tour de France Hommes », ajoute-t-elle. Les audiences sont excellentes, preuve que la visibilité est enfin au rendez-vous.

Cette visibilité est cruciale : sans elle, pas de sponsors, et sans sponsors, les athlètes féminines doivent cumuler un deuxième métier pour vivre. « Ce sont de très grandes championnes, mais elles ont en réalité plusieurs journées en une », explique la ministre.

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Un chemin parcouru, mais des combats à mener

Revenant sur le passé, Aurore Bergé rappelle que de grandes athlètes étaient moquées à la télévision, jugées « inesthétiques » sur un vélo. Aujourd'hui, la mixité est acceptée et les championnes sont admirées. Cependant, la lutte contre les violences sexistes et sexuelles reste essentielle.

« Je pense qu'il a fallu beaucoup de courage à celles qui ont parlé », déclare-t-elle, citant Sarah Abitbol et Angélique Cauchy. Leur parole a forcé les fédérations à entendre, malgré leurs réticences. Une prise de conscience a eu lieu dans le grand public.

Des outils juridiques renforcés

La loi sur la protection de l'enfance a instauré une liste noire pour empêcher les personnes exclues pour violences sur mineurs de travailler ailleurs. « Si quelqu'un est exclu pour avoir touché à un enfant, il ne peut pas le lendemain aller dans un autre club », précise la ministre.

Le futur texte de loi intégrale sur les violences faites aux femmes et aux enfants marquera un tournant. Inspiré par le choc du décès de la petite Lyhanna, il vise à corriger les manquements et à augmenter les moyens. « Il faut avoir l'honnêteté de reconnaître ces fautes pour qu'elles n'existent plus », insiste-t-elle.

Une approche systémique et préventive

Pour Aurore Bergé, la réponse ne peut être uniquement judiciaire. « C'est une approche globale qu'il faut adopter », explique-t-elle. La formation massive des personnes en contact avec les enfants est essentielle pour détecter, prévenir et accompagner les victimes. Tous les acteurs de la société doivent s'impliquer.

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