Un podcast arménien provoque un scandale en liant engagement politique et insatisfaction sexuelle
En Arménie, une analyse sociologique pour le moins surprenante a été diffusée dans un podcast, suscitant une vive polémique. Selon cette théorie, les femmes blanches d'âge moyen s'engageraient politiquement pour compenser une insatisfaction sexuelle, ce qui expliquerait également la baisse inquiétante de la natalité dans le pays. Pour remédier à ces deux problèmes, les animateurs ont même suggéré la création d'un ministère du sexe.
Des propos tenus dans le podcast du fils d'un milliardaire pro-russe
Cette discussion controversée a eu lieu dans un épisode du podcast animé par Sargis Karapetyan, fils du milliardaire pro-russe Samvel Karapetyan. Ce dernier, patron du groupe Tashir et dont la fortune est estimée à plus de quatre milliards de dollars, est un homme d'affaires arménien visé par des sanctions financières après le déclenchement de la guerre en Ukraine par la Russie. Actuellement emprisonné pour « appel à l'insurrection », il s'est lancé en politique avec l'objectif de remporter les élections législatives de juin prochain et de devenir Premier ministre.
Pour atteindre ses ambitions, Samvel Karapetyan a fondé le parti « Arménie forte », dont il est le président, et a lancé le mouvement « notre voix » en août dernier. Le podcast est animé par son fils, Sargis, et c'est dans un épisode diffusé le 31 janvier que les propos polémiques ont été tenus.
« Avec Arménie forte, il n'y aura plus de femmes insatisfaites »
Lors de cet épisode, Sargis Karapetyan et son invité, le sociologue Armen Khachikyan, ont développé une théorie selon laquelle le manque de satisfaction sexuelle des Arméniennes « à partir de 40-50 ans » les pousserait à « transférer cette énergie » dans l'activisme politique, notamment sur les réseaux sociaux. Sargis a alors rétorqué qu'« avec Arménie forte, il n'y aura plus de femmes insatisfaites », ajoutant que « le problème démographique ne se résoudrait pas sans sexe », en référence aux politiques gouvernementales encourageant la procréation médicalement assistée pour repeupler le pays.
Pour « centraliser ces questions », le co-animateur du podcast a suggéré la création d'un ministère, auquel le sociologue a répondu : « Un ministère du sexe ? ». Ces propos ont rapidement provoqué l'indignation de nombreuses voix féminines en Arménie.
Des réactions outrées et une crise démographique persistante
La députée du parti au pouvoir, Sona Ghazaryan, a notamment dénoncé ces déclarations sur sa page Facebook, les qualifiant de « sexisme pur ». Elle a ajouté : « Priver les femmes de leur statut de citoyennes en les rabaissant au niveau des fantasmes masculins et de promesses vulgaires, c'est répugnant. » Bien que la proposition d'un ministère du sexe n'ait pas été reprise par le candidat d'Arménie forte, la question de la baisse de la natalité reste un défi majeur pour le pays.
En effet, le taux de fécondité en Arménie est passé de près de cinq enfants par femme en 1960 à moins de deux aujourd'hui. Depuis 2022, le pays est tombé sous la barre des trois millions d'habitants, avec une population qui continue de vieillir et de diminuer. Cette crise démographique nécessite des solutions sérieuses, loin des propositions fantaisistes avancées dans ce podcast.



