Dans une tribune publiée dans Libération, la journaliste Marie Portolano s'insurge contre la faible présence des femmes dans les médias lors de la Coupe du monde de football. Sur 150 journalistes accrédités, seules 10 sont des femmes, soit à peine 6,7 %. Une situation qu'elle juge "inacceptable" et qui révèle un sexisme persistant dans le milieu sportif.
Un constat alarmant
Marie Portolano, qui a couvert plusieurs compétitions internationales, rappelle que cette sous-représentation n'est pas nouvelle. "À chaque grand événement sportif, le constat est le même : les femmes sont reléguées au second plan, cantonnées à des rôles de présentatrices ou d'intervieweuses, rarement consultées comme expertes", écrit-elle. Elle pointe du doigt les rédactions qui, selon elle, perpétuent des stéréotypes de genre.
Des excuses qui ne tiennent pas
La journaliste démonte les arguments avancés par les médias pour justifier ce déséquilibre. "On nous dit qu'il n'y a pas assez de femmes spécialistes du foot, ou que les femmes ne postulent pas. C'est faux", affirme-t-elle. Elle cite des études montrant que les femmes journalistes sont tout aussi compétentes et que le problème vient plutôt des recrutements et des mentalités.
Un appel à l'action
Marie Portolano interpelle directement les responsables des médias et les fédérations sportives. "Il faut nous dire si on dérange, si notre présence est un problème. Car à ce rythme, il faudra des décennies pour atteindre la parité", lance-t-elle. Elle appelle à des mesures concrètes : quotas, formations, et une meilleure visibilité des femmes dans les instances dirigeantes.
Un phénomène mondial
Cette situation n'est pas propre à la France. Dans de nombreux pays, les femmes journalistes sportives sont confrontées à des discriminations et à des agressions sexistes. Marie Portolano cite le cas de collègues qui ont dû subir des remarques déplacées ou des attouchements dans les tribunes. "Le sport est un reflet de la société, et tant que les femmes n'auront pas une place égale dans les médias, l'égalité réelle ne sera pas atteinte", conclut-elle.
La tribune de Marie Portolano a suscité de nombreuses réactions sur les réseaux sociaux, de nombreux journalistes et personnalités politiques apportant leur soutien. Le débat est désormais lancé sur la place des femmes dans le journalisme sportif.



