Le BAFA séduit de nouveau les jeunes : un regain d'intérêt inattendu
Regain d'intérêt des jeunes pour le BAFA

Le Brevet d'aptitude aux fonctions d'animateur (BAFA) connaît un regain d'intérêt significatif chez les jeunes Français. Selon les chiffres du ministère de l'Éducation nationale, le nombre de diplômés a augmenté de 12% en 2025 par rapport à l'année précédente, atteignant près de 45 000 nouveaux titulaires. Cette tendance, qui contredit la baisse observée durant la pandémie de Covid-19, suscite l'interrogation des spécialistes.

Un engouement inattendu

« C'est bien plus complexe que ce que j'avais imaginé », témoigne Léa, 17 ans, qui vient d'obtenir son BAFA après un stage pratique en colonie de vacances. Comme elle, de nombreux jeunes redécouvrent les valeurs de l'animation, un secteur souvent perçu comme un simple job d'été. L'association Jeunesse et Plein Air, qui forme chaque année plusieurs milliers de candidats, confirme cette dynamique : « Nous avons enregistré une hausse de 15% des inscriptions cette année, un record depuis 2019 », indique sa directrice, Sophie Martin.

Les raisons d'un retour en grâce

Plusieurs facteurs expliquent ce regain d'intérêt. D'abord, la reprise des activités périscolaires et des séjours de vacances après la crise sanitaire a créé un besoin accru d'animateurs. Ensuite, les campagnes de valorisation du métier, menées par le ministère et les collectivités locales, ont mis en avant les compétences acquises : responsabilité, gestion de groupe, créativité. « Le BAFA n'est plus vu comme un simple loisir, mais comme un véritable tremplin professionnel », analyse Pierre Durand, sociologue spécialiste de la jeunesse.

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Des profils plus diversifiés

Le profil des candidats évolue également. Si les filles restent majoritaires (65% des diplômés), les garçons sont de plus en plus nombreux à s'inscrire. De plus, l'âge moyen des candidats baisse légèrement, passant de 18 à 17 ans. « On voit arriver des jeunes très motivés, parfois dès 16 ans, qui cherchent à s'engager concrètement », observe Marc Lefèvre, formateur à l'Union française des centres de vacances et de loisirs (UFCV).

Un impact sur le terrain

Cette augmentation du nombre d'animateurs diplômés a des conséquences positives sur la qualité des accueils collectifs de mineurs. Les organisateurs de colonies et de centres de loisirs notent une meilleure préparation des équipes et une plus grande diversité d'activités proposées. « Les jeunes animateurs apportent des idées nouvelles, notamment en matière d'éducation à l'environnement et de numérique », se félicite Claire Dubois, responsable d'un centre de loisirs en Île-de-France.

Des défis à relever

Malgré cet engouement, des défis persistent. La rémunération des animateurs reste faible, ce qui peut freiner les vocations à long terme. Par ailleurs, la formation continue et la reconnaissance des compétences acquises via le BAFA dans l'enseignement supérieur ou le monde professionnel sont encore insuffisantes. « Il faut aller plus loin dans la professionnalisation du métier », plaide Sophie Martin.

Le gouvernement a annoncé en mars dernier un plan de revalorisation des métiers de l'animation, avec une enveloppe de 50 millions d'euros sur trois ans. Ce plan prévoit notamment une hausse des tarifs des séjours de vacances pour financer de meilleurs salaires, ainsi qu'un renforcement des partenariats avec les universités pour faciliter la validation des acquis.

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