La séance du conseil municipal de Millau, le 29 juin 2026, a été marquée par un échange tendu entre l'opposition et le maire, après la révélation qu'une élue de la majorité avait fait la promotion de la plateforme chinoise Temu sur ses réseaux sociaux, dans le cadre d'une collaboration commerciale rémunérée.
Une promotion jugée contradictoire
Alain Audouard, élu d'opposition, a dénoncé un « manque de cohérence flagrant » entre les discours de la majorité en faveur du commerce local et les actes de cette élue. Il a rappelé que la municipalité s'était engagée à soutenir les commerces de proximité, « un outil structurant pour l'économie millavoise ». Or, Temu « est régulièrement épinglé pour son manque de transparence sur ses chaînes d'approvisionnement, ses risques de recours au travail forcé, et son modèle économique fondé sur la surconsommation de produits à bas coût, aux conséquences désastreuses pour l'environnement et les commerces locaux », a-t-il souligné. Selon lui, cette situation a suscité l'indignation de certains commerçants millavois.
Le maire défend une « incident isolé »
Le maire, Christophe Saint-Pierre, a réagi avec fermeté, jugeant « indigne » la question de l'opposition, car elle touche au « domaine privé » de l'élue. Il a qualifié cet incident de « ponctuel et déjà résolu », affirmant qu'il n'affecte en rien l'engagement municipal de sa collègue. « Elle ne s'est pas exprimée en tant qu'élue municipale. Il s'agit d'une collaboration ponctuelle que nous pouvons contester et regretter sans aucun souci, mais rapidement interrompue, justement en raison d'une incompatibilité sur le fond », a-t-il déclaré. Pour l'édile, ces agissements ne sont « en rien représentatifs » de la politique menée par sa majorité, qui a « renoué les liens » avec les commerçants.
Un débat sur la frontière entre vie privée et responsabilité publique
Cette affaire interroge les Millavois sur la limite entre la vie privée des élus et leurs responsabilités publiques. L'opposition estime que la promotion d'une plateforme comme Temu, connue pour ses pratiques contestables, est incompatible avec les valeurs affichées par la municipalité. Le maire, quant à lui, insiste sur le caractère privé de cette collaboration et sur le fait qu'elle a été rapidement interrompue dès que l'incompatibilité a été constatée. Le débat reste ouvert, alors que le commerce local est un enjeu central pour la ville.



