Un moment historique pour des élèves et étudiants de Nouvelle-Aquitaine
Ce lundi 20 avril, une cinquantaine d'élèves ont vécu une expérience unique en échangeant directement avec l'astronaute française Sophie Adenot, actuellement à bord de la Station spatiale internationale (ISS). Cet événement, baptisé « Mission Sophie », a été rendu possible grâce au travail acharné d'étudiants en génie électrique et informatique industrielle (GEII) de l'IUT de Bordeaux, qui ont établi la liaison radio.
Une liaison pleine de suspense et d'émotion
« Ici Foxtrot, Cinq, Kilo, Bravo, Whisky. » Tao Gaudoneix, étudiant en GEII, répète inlassablement ce message radio, tandis qu'un bruit de friture parasite la communication. La tension est palpable parmi les participants rassemblés à Gradignan, où élèves, enseignants et journalistes attendent avec impatience la réponse de l'espace. Après quelques minutes d'attente angoissante, une voix crachote enfin, mais il s'agit d'un radioamateur intrus. Tao Gaudoneix réagit rapidement : « Foxtrot 6, stand-by s'il vous plaît, ceci est un contact Ariss », éconduisant poliment l'interférence.
Puis, le moment tant attendu arrive : « Five Kilo Bravo », c'est bien Sophie Adenot qui répond ! Les étudiants exultent et les applaudissements fusent, marquant le début d'un échange de quinze minutes riche en questions et en émotions.
Des questions variées et des réponses captivantes
La petite Léa ouvre le bal en demandant : « Quelles sensations as-tu dans l'espace ? Over. » Sophie Adenot répond avec enthousiasme : « Dans l'espace, on a l'impression de flotter. C'est comme si on ne sentait pas son corps. C'est vraiment très amusant. Over. » Les élèves enchaînent avec des interrogations sur l'alimentation énergétique de l'ISS, les expériences scientifiques menées à bord et la gestion de la vie quotidienne en microgravité.
Diane pose une question plus technique : « Est-ce qu'un stylo-bille marche dans l'espace avec la microgravité ? » L'astronaute avoue avec honnêteté : « Je ne suis pas complètement sûre, pour être tout à fait honnête. Nous avons des stylos conçus pour aller dans l'espace, avec un petit système de pressurisation pour que l'encre aille au bout de la pointe. Mais je vais voir si nous avons un stylo à bille à bord. Je ferai une petite vidéo pour comparer les deux. Over. »
Un projet pédagogique ambitieux et réussi
« Mission Sophie » a impliqué plus de 1 500 élèves de Nouvelle-Aquitaine, avec pour point d'orgue cette liaison radio. Tao Gaudoneix, 22 ans, exprime sa fierté : « Échanger directement avec une astronaute dans l'espace, c'est un rêve de gosse qui se réalise. Nous avions anticipé toutes les potentielles pannes possibles, car dans le spatial, la certitude n'existe pas. » En effet, deux jours avant l'événement, la NASA avait averti d'une incertitude sur la position exacte de l'ISS, conduisant les étudiants à démarrer l'appel deux minutes plus tôt que prévu.
Ce projet a nécessité un an de préparation par une cinquantaine d'étudiants, qui ont déployé une antenne avec un rotor pour suivre l'ISS, étendant ainsi le temps de communication de trois à quinze minutes. Timothée Levi, chef du département GEII, souligne : « Quand une de nos enseignantes, Sarah Reverdy, a découvert le programme Ariss, nous avons postulé. Personne n'y croyait vraiment. » Finalement, l'université de Bordeaux a été le seul établissement supérieur sélectionné en France pour cette initiative.
Un impact inspirant pour les jeunes
Valentin Moustey, étudiant en première année à l'IUT, a participé à la diffusion de la mission dans les classes : « Je suis intervenu dans deux classes avec un camarade afin de parler de Sophie Adenot et de faire des activités. L'espace m'intéresse depuis tout petit. Ce projet est hyper important : on montre que l'espace est investi par les hommes et les femmes. C'est l'humanité tout entière. J'espère que cette aventure continuera et donnera envie à de plus en plus de jeunes de se lancer. »
À la fin de la liaison, Sophie Adenot, émue, a confié : « Merci à tous, c'est beaucoup d'émotion, là. » Les applaudissements, soigneusement répétés en amont, ont bien atteint l'ISS, clôturant un moment mémorable qui allie éducation, technologie et exploration spatiale.



