Herbier du XVIe siècle menacé par des insectes à Montpellier
Herbier du XVIe siècle menacé par des insectes

Une collecte a été lancée par l'Université de Montpellier pour sauver son herbier, menacé par des insectes ravageurs. Ce trésor botanique, qui rassemble près de trois millions d'échantillons de plantes collectés depuis le XVIe siècle, est un outil scientifique indispensable et un patrimoine historique précieux.

Un album Panini géant

Marion Martinez, chargée de mission, n'hésite pas à utiliser des métaphores pour décrire l'herbier : « C'est un peu comme un album Panini géant. » Les botanistes collectionnent les spécimens comme les enfants accumulent les cartes à l'effigie de leurs héros sportifs. Les échanges de doubles sont fréquents, et l'émerveillement devant les spécimens rares est partagé. La différence réside dans l'échelle : l'album est en réalité une suite d'étagères métalliques réparties sur six étages, où s'empilent d'épais grimoires aux teintes de bruns variées. Près de trois millions d'échantillons de plantes, récoltés dans le monde entier depuis le XVIe siècle, constituent « un voyage dans le temps et dans l'espace », insiste-t-elle.

Une menace minuscule mais dévastatrice

Régulièrement, de minuscules insectes se faufilent à l'intérieur de l'herbier et grignotent les spécimens jusqu'à les faire disparaître. « Dès qu'on trouve des insectes sur des planches, on les met plusieurs jours au surgélateur, à -42 °C, explique Marion Martinez, mais ce n'est pas gérable ! » La solution pour venir à bout de ces envahisseurs destructeurs est de traiter le bâtiment, une opération qui coûterait 36 000 euros. Une somme colossale pour l'Université de Montpellier, responsable du financement de l'herbier.

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Un appel aux dons

Pour réunir les fonds nécessaires, une opération de crowdfunding a été lancée. « L'herbier de Montpellier est à la fois un patrimoine historique précieux et un outil scientifique indispensable, c'est pour ça qu'il faut le sauver », explique le botaniste Pierre Coulot, qui préside le comité de protection de l'herbier de Montpellier à l'origine de l'initiative. Des scientifiques du monde entier utilisent les collections de l'herbier pour leurs travaux. Grâce à elles, il est par exemple possible de constater les effets du réchauffement climatique en étudiant les migrations des plantes. « Et puis, c'est toujours très émouvant de travailler sur des planches vieilles de plusieurs dizaines, voire centaines d'années », confie Pierre Coulot.

C'est grâce à un important travail collaboratif scientifique que l'herbier de Montpellier est si riche. Aujourd'hui, c'est sur une collaboration financière que les botanistes comptent pour le préserver. Près de 7 000 euros ont déjà été récoltés.

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