Il est un peu plus de cinq heures lorsque Jean-Marc Benoît, membre du Club Alpin Français et organisateur du Festa Trail, donne rendez-vous à Cazevieille pour une ascension du Pic Saint-Loup. L'objectif : assister depuis le sommet au lever de soleil. Ce passionné, qui connaît le massif comme peu d'autres, partage son attachement à cette montagne emblématique de la plaine montpelliéraine.
Une ascension dans l'obscurité
Les sentiers sont encore déserts, la nuit enveloppe les reliefs. Les randonneurs quittent le village et s'engagent sur les premiers sentiers, guidés par les lueurs de leurs frontales. Devant eux, le sommet se devine plus qu'il ne se voit. Très vite, la randonnée laisse place au récit de Jean-Marc Benoît, aujourd'hui installé à Saint-Martin-de-Londres, qui parle de cette montagne avec l'attachement de ceux qui y ont ancré leur vie.
Lorsque le groupe atteint la chapelle au sommet, l'aube commence tout juste à gagner le ciel. Dans la plaine, Montpellier et les villages apparaissent comme une constellation artificielle, témoin d'un territoire qui a grandi et profondément évolué. « Il y a quarante ans, il n'y avait peut-être que 10 ou 20 % des lumières que l'on voit aujourd'hui, confie le membre du Club Alpin Français. Beaucoup de choses ont changé, mais il faut vivre avec et s'habituer ».
Le ciel s'embrase
Le spectacle de la nature reprend vite ses droits. Dans la limpidité de ce début de matinée, on croirait presque pouvoir toucher du doigt le Géant de Provence. Puis le soleil se lève, ses premiers rayons viennent accrocher les sommets de la Séranne et les falaises de l'Hortus. Le massif change alors de visage en quelques secondes.
Depuis ce sommet, au milieu du vent frais de l'aube, résonnent les mots de Jean-Marc Benoît : « Le Pic Saint-Loup, c'est un peu le pendant de la Sainte-Victoire pour Pagnol. C'est un endroit qui représente beaucoup de choses à mes yeux, c'est une partie de moi, de mes souvenirs. Quand je regarde la vallée d'en haut, je contemple mon existence, tout ce que j'ai vécu ici. Chaque pierre, je la connais. Je suis chez moi, c'est ma maison. Je ne me pose pas la question de comment je me sens quand je suis en haut. Je suis juste là. Je profite de l'air, de la liberté. »
Une déclaration d'amour à la montagne
Des mots forts et des confidences qui résonnent comme une déclaration d'amour à cette montagne. Pour lui comme pour beaucoup d'autres, le Pic Saint-Loup est bien plus qu'un sommet : c'est une part d'eux-mêmes. Cette expérience unique, vécue au rythme de l'aube, illustre la relation intime qui unit l'homme à ce massif, entre souvenirs personnels et spectacle naturel.



