« C'est de la danse. L'air, c'est la musique, et la voile, ta partenaire. » Prononcée par Benoît de Blic, cette citation donne le ton de notre baptême de parapente dans les Cévennes. Pour cette sortie estivale un peu spéciale, nous avons pris de la hauteur au départ de Brissac, dans l'Hérault, accompagnés par les moniteurs de l'association Cévennes parapente. L'objectif : survoler la montagne de la Séranne et profiter d'un panorama exceptionnel sur l'arrière-pays montpelliérain.
Benoît de Blic, 34 ans de passion pour le parapente
C'est par les airs que Benoît de Blic arrive, tout en finesse, sur la piste d'atterrissage de Brissac. Ce moniteur chevronné totalise 34 ans de pratique, dont 26 ans à en faire son métier. Son premier vol, il ne l'a jamais oublié. « Rien ne me destinait à ça, j'ai le vertige à la base, raconte-t-il. J'étais avec des copains en saison, j'ai testé et j'ai tout de suite su que je ne voulais faire que ça désormais. » Une révélation qui ne l'a plus quitté depuis.
En cette période estivale, le rythme est soutenu : « On fait environ trois à quatre vols par jour en ce moment », précise Benoît. Depuis la piste, il faut d'abord rejoindre le point de décollage. Le trajet en fourgon, sur quelques kilomètres de pistes caillouteuses, est secoué. Mais l'ambiance est vite apaisée par le paysage qui s'impose. « C'est sympa comme bureau », confie le moniteur avec une pointe d'humour.
Préparatifs et conditions de vol
Arrivés au site Namibie, perché sur la montagne de la Séranne, il est temps de préparer l'équipement. L'immense voile est dépliée, retenue par une dizaine de suspentes. Le sac à dos, garant de notre sécurité, est solidement accroché, sangle fermée. « Maintenant, si ça se décroche, c'est que tu y as touché », plaisante Benoît. Son calme et sa précision dans chaque geste rassurent.
Avant de se lancer, il faut observer le vent. Deux manches à air sont à disposition : l'une devant nous, « c'est notre futur », l'autre derrière, « notre passé ». Idéalement, elles doivent être alignées avec le présent, c'est-à-dire avec nous. Plus tôt dans la journée, le vent était trop fort pour permettre un décollage depuis Namibie. À 18 h 30, les conditions deviennent enfin optimales. Les consignes sont claires : « On va marcher de manière tonique, faire quelques pas en arrière, et quand on sent que ça prend, on court », explique le moniteur.
Le stress, lui, reste présent, et c'est plutôt bon signe. « J'ai tendance à toujours être un peu stressé avant, confie Benoît. Sinon je me dis que c'est mauvais signe. » Une philosophie qui permet d'aborder le saut avec sérieux.
Le vol : silence, liberté et panoramas à couper le souffle
Contrairement aux idées reçues, on ne saute pas dans le vide. « Si on a cette impression, c'est que ce n'est pas le bon endroit », assure Benoît. Installé confortablement dans l'assise, on prend conscience de la situation : les pieds ont quitté le sol, et les montagnes des Cévennes s'étendent sous nous. Le vol offre une vue panoramique sur une partie du massif, jusqu'aux lumières de Montpellier qui scintillent au loin.
Pour Benoît, cette sensation est indescriptible : « C'est du silence et une grande liberté », résume-t-il. Lui qui semble en profiter pleinement ajoute, à propos de la nature environnante : « C'est comme le jardinage, tu prends ce que la nature a à t'offrir. » Une manière de rappeler l'importance de préserver ces espaces sauvages, encore préservés dans cette région.
Le parapente n'est pas qu'une affaire de sensations. « Si ça se passe mal, ce n'est pas de la malchance, on sait qu'on a juste mal géré », confie le moniteur. Chaque vol exige une attention constante aux caprices du vent et un calcul précis des trajectoires. Pendant ce temps, la voile se laisse guider avec une agilité impressionnante.
Un atterrissage en douceur, entre balançoire et retour en enfance
La descente s'effectue progressivement, ponctuée de quelques figures dans les airs, dont une balançoire grandeur nature. Un moment ludique qui procure un retour en enfance garanti. « C'est de la danse. L'air, c'est la musique, et la voile, ta partenaire », conclut Benoît de Blic, signant une métaphore poétique de son métier.
L'atterrissage est parfaitement maîtrisé, sur la piste de Brissac. Déjà, l'envie de recommencer se fait sentir. Cévennes parapente propose régulièrement des baptêmes de vol pour les amateurs de sensations fortes et les curieux. Pour réserver, il suffit de contacter l'association au 07 84 73 90 95 ou par e-mail à l'adresse ecole@cevennesparapente.fr. Les informations pratiques sont également disponibles sur le site cevennesparapente.fr/contact.html.



