Il est 9 heures lorsque nous récupérons nos VTT devant Mondo Vélo, à Bagnols-sur-Cèze. Avec Paul, mon partenaire de pédalage, nous nous apprêtons à avaler la boucle vigneronne, un circuit de 24 kilomètres balisé par l'Office de tourisme Provence Occitane. Mais avant de goûter aux charmes des vignes, il faut rejoindre le point de départ à Laudun-l'Ardoise. La route de Nîmes, empruntée sur une dizaine de kilomètres, n'est pas la partie la plus agréable du parcours : les voitures nous frôlent et l'on n'a qu'une hâte, gagner le rond-point qui ouvre sur la route d'Alès.
Nous atteignons le centre de Laudun après un court passage sur cet axe plus calme. Le départ de la boucle est fixé devant la poste, à deux pas de l'église. Paul charge le tracé GPX sur son téléphone – un fichier téléchargeable sur le site de l'Office de tourisme – et nous voilà partis, direction Saint-Laurent-des-Arbres. Les ruelles laissent vite place à une voie verte qui court au milieu des vignes.
Sur les chemins gravillonnés du Gard rhodanien
Les premiers coups de pédale sont chaotiques. Le gravillons oblige à rester concentré, et l'on comprend immédiatement l'utilité de nos VTT. « Heureusement que l'on a pris des VTT », souffle Paul avec un sourire sous son maillot rose. La silhouette de Laudun et son imposante église se dessinent derrière les rangées de ceps chargés de grappes. L'air est étonnamment frais pour un mois de juillet, une aubaine.
Le balisage, lui, est impeccable. À chaque intersection, des panneaux indiquent la direction, rendant toute erreur d'itinéraire quasi impossible. Le revêtement des chemins – mêlant terre, sable et gravillons – est compatible avec des VTT ou des vélos gravel. Nous croisons très peu d'automobilistes et encore moins de cyclistes. Pour un jeudi matin d'été, le contraste est saisissant : on se croirait seuls au monde au milieu des vignes à perte de vue.
Une première montée, puis l'église de Saint-Laurent-des-Arbres
Après plusieurs kilomètres de plat, la route quitte la voie verte pour une petite départementale. C'est là que nous attend la première vraie difficulté : une montée qui semble ne jamais finir. Paul accélère, se retourne et me lance : « Après ce coup de reins, ça redevient plat. » Facile à dire pour lui. Je m'accroche à son rythme, le souffle court, en observant le silence environnant. Peu de voitures, quelques chants d'oiseaux, et des kilomètres de vigne. La pente finit par s'adoucir, et nous redescendons vers Saint-Laurent-des-Arbres.
Le circuit passe au pied de l'église du village, un édifice qui ressemble à un château fort. Une courte pause permet d'admirer les vieilles pierres et d'avaler une barre de céréales avant de reprendre la route. Le spectacle architectural vaut à lui seul le détour.
La plus grosse bosse du parcours et un panorama mérité
À peine sortis de Saint-Laurent-des-Arbres, la plus grosse montée de la boucle se dresse devant nous. Pendant une quinzaine de minutes, les jambes brûlent. La route, étroite et sinueuse, exige une concentration totale. Paul disparaît au loin, et je maugrée entre deux respirations : « Il est en train de me tuer. » Mais la récompense, comme souvent à vélo, arrive au sommet : un panorama spectaculaire sur les vignes du Gard rhodanien, qui fait oublier les efforts fournis.
La descente qui suit est la bienvenue. Elle mène rapidement au cœur de Saint-Victor-la-Coste, où le parcours contourne le fort puis passe devant l'ancienne mairie en pierre. Les villages laissent ensuite place aux chemins bordés de vignes, le terrain redevient plat, et l'on peut enfin rouler côte à côte. « Plus que cinq kilomètres et la boucle est bouclée », me harangue Paul.
Quelques conseils avant de s'élancer
Si cette boucle de 24 kilomètres avec 200 mètres de dénivelé positif est accessible, quelques recommandations s'imposent. En cas de fortes chaleurs, mieux vaut partir tôt le matin : les zones d'ombre sont rares, et la chaleur devient vite insupportable en pleine exposition. Il n'y a pas de point d'eau dans les vignes, mais on peut recharger sa gourde dans les villages étapes. Le parcours étant majoritairement sur des chemins de terre, un VTT ou un vélo gravel est conseillé pour éviter les crevaisons. Enfin, les VAE ne trouveront pas de bornes de recharge sur le circuit ; une batterie pleine est donc indispensable. Pour une pause, les bancs se situent principalement dans les villages, l'environnement vigneron n'offrant que peu d'installations.
Retour à Bagnols-sur-Cèze, 43 kilomètres au compteur
La boucle s'achève devant la poste de Laudun, là où elle avait commencé. Mais notre aventure ne s'arrête pas là : il faut regagner Bagnols-sur-Cèze. « Aller, on repart ! On essaie de rentrer avant midi », lance Paul. Nous choisissons les petites routes, en passant par Orsan. Ce retour, qui ajoute une dizaine de kilomètres à notre compteur, se fait dans une ambiance détendue, entre collines et hameaux.
Au total, notre compteur affiche 43 kilomètres parcourus en un peu plus de deux heures et demie. Une balade très plaisante, qui mêle patrimoine, paysages viticoles et effort modéré. Réalisée en 1 h 30 pour les seuls 24 kilomètres de la boucle, elle conviendra aussi bien aux contemplatifs qu'aux cyclistes en quête d'entraînement. Nous la recommandons sans hésiter.



