Le maire de Guérande, Nicolas Criaud (Horizons), a exprimé une profonde colère après l'installation forcée de 250 caravanes de gens du voyage sur un terrain communal, lundi dernier. Cette arrivée fait suite à l'expulsion de 280 caravanes du même groupe, le 24 juillet, à Givrand, en Vendée.
Un dispositif sécuritaire important mais inefficace
Les caravanes se sont dirigées vers un champ cultivé par trois agriculteurs, appartenant à la ville de Guérande. Malgré le déploiement de 100 gendarmes et d'un hélicoptère, les caravanes ont réussi à s'installer sur plusieurs hectares. Le trafic routier a été fortement perturbé, provoquant d'importants embouteillages sur une route départementale.
La colère du maire
Dans une déclaration sur les réseaux sociaux, Nicolas Criaud a lancé : « Je suis en colère. Profondément en colère. Comment peut-on demander à un maire de soutenir une opération d'une telle ampleur, de faire accepter à toute une population des heures de blocage, de mobiliser des moyens considérables… Pour finalement prendre une décision aussi lourde de conséquences dans son dos ? Je réprouve totalement ce choix. »
Selon le premier édile, la préfecture a autorisé l'accès pour des raisons de sécurité, ce qu'il considère comme un manque de respect et une décision unilatérale. Il souligne que les forces de l'ordre ne pouvaient plus garantir la sécurité des personnes en cas de maintien de l'expulsion.
La réponse de la préfecture
Le sous-préfet de Loire-Atlantique, Éric de Wispeleare, a réagi en affirmant que la préfecture « n'autorise en aucun cas cette installation ». Il a précisé qu'une « mise en demeure sera signée les obligeant à quitter les lieux dès que j'aurai l'ensemble des éléments à ma disposition ». Le 27 juillet, une procédure d'expulsion a effectivement été engagée à l'encontre de la communauté.
Un contexte récurrent
Cette situation n'est pas isolée. Dans la région, plusieurs communes ont connu des installations de gens du voyage, souvent source de tensions. Le même jour, 80 caravanes se sont installées sur un terrain de rugby, et des viticulteurs de Mèze ont dénoncé des déjections dans leurs vignes. Les agriculteurs locaux, comme ceux de Guérande, subissent régulièrement des dégradations et des pertes de récoltes.
Les conséquences pour la commune
L'installation illégale a des répercussions directes sur la vie des habitants : perturbations de la circulation, occupation d'un espace agricole, et coûts pour la commune liés au nettoyage et à la gestion de la situation. Le maire craint également que cette affaire n'encourage d'autres installations similaires.
Les réactions des habitants
De nombreux riverains ont exprimé leur mécontentement, certains se disant « fatigués de ces situations récurrentes ». D'autres appellent à une meilleure planification des aires d'accueil pour éviter ces conflits. Selon des témoignages recueillis par Ouest-France, la patience des agriculteurs et des habitants est mise à rude épreuve.
Une procédure judiciaire en cours
La commune a engagé une procédure d'expulsion, qui pourrait prendre plusieurs jours. En attendant, les caravanes restent sur place, et la tension demeure. Le maire demande un soutien plus fort de l'État pour faire respecter la loi et protéger les intérêts des collectivités locales.



