Éric Ciotti succède à Christian Estrosi à la tête de la métropole Nice Côte d'Azur
Ciotti succède à Estrosi à la tête de la métropole niçoise

Éric Ciotti prend les rênes de la métropole Nice Côte d'Azur

Éric Ciotti, déjà homme fort du conseil départemental et maire de Nice, a été élu jeudi à la présidence de la métropole Nice Côte d'Azur. Il succède ainsi à Christian Estrosi, qu'il avait battu lors des récentes élections municipales. Cette élection marque une étape significative pour l'extrême droite, qui consolide son enracinement dans la vie politique locale en prenant la direction d'une structure intercommunale majeure.

Une élection sans surprise

Seul candidat pour ce scrutin, Éric Ciotti a obtenu 108 voix sur 115 votants. La métropole niçoise, née en 2012 de la fusion de quatre communautés urbaines, regroupe 51 communes et compte un demi-million d'habitants, s'étendant des plages de la Promenade des Anglais aux pistes de ski d'Isola 2000. Contrairement à d'autres agglomérations où l'arrivée d'élus RN a provoqué d'intenses tractations, l'élection de Ciotti ne faisait aucun doute.

Sur les 133 conseillers, il bénéficie du soutien de 49 élus sur sa liste à Nice, de huit élus sur la liste de son allié RN Bryan Masson à Cagnes-sur-Mer, et entretient des relations étroites avec de nombreux maires des petites communes. Ces proximités sont politiques, issues de la guerre menée contre le clan Estrosi, territoriales dans la vallée de la Vésubie, son berceau familial, et surtout opérationnelles, beaucoup de ces élus ayant collaboré avec lui au conseil départemental.

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Une promesse de gestion plus responsable

L'entourage d'Éric Ciotti promet une gestion plus responsable et respectueuse des oppositions que sous l'équipe précédente. Alors que des élus estrosistes ont déjà rallié la majorité ciottiste au conseil départemental, le camp de l'ancien maire de Nice semble moins vindicatif. Pierre-Paul Leonelli, porte-voix estrosiste virulent pendant la campagne, s'est déclaré « prêt à travailler de manière constructive », souhaitant que la métropole ne devienne pas « un champ de bataille politicien » mais « un véritable espace de collaboration ».

Cela suscite des railleries parmi ses anciens opposants, qui dénoncent des années de traitement inégal sous Estrosi, où ils n'avaient qu'une à deux minutes pour s'exprimer contre trente minutes pour le président, souvent avec condescendance.

Des changements à venir

Bryan Masson résume : « La métropole d'Estrosi ne fonctionnait qu'autour d'Estrosi et que pour la ville de Nice. C'était une direction très centralisée autour des Niçois. » Le camp Ciotti évoque des modifications du règlement interne pour mieux respecter l'opposition, comme au conseil municipal niçois où Ciotti a laissé la parole aux opposants.

Cependant, des inquiétudes persistent, notamment concernant la place réservée à Bryan Masson, qui n'a pas accordé la même liberté à Cagnes-sur-Mer. Masson a déjà promis d'enterrer un projet de tramway entre Nice et Cagnes-sur-Mer, préférant développer des lignes de bus à haut niveau de service, moins chères et plus rapides.

Une gestion financière sous surveillance

La nouvelle majorité promet « une gestion des finances publiques plus rationnelle et plus responsable », selon Bertrand Casiglia, maire de Tourette-Levens. Les détracteurs d'Estrosi critiquent notamment le centre des congrès en préfabriqués installé à la hâte pour le sommet de l'ONU sur l'océan, avec une facture de 20 millions d'euros transférée du budget de la ville à celui de la métropole.

Juliette Chesnel-Le Roux, conseillère PS-PCF-écologistes, observe : « On est très curieux de voir comment ça va se passer », rappelant que Ciotti a montré une certaine ouverture à Nice, mais que la réalité dans la métropole reste à prouver.

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