Ras le Vol contrôlé par la CNIL pour diffusion d'images de voleurs
Ras le Vol contrôlé par la CNIL pour diffusion d'images

Le collectif « Ras le Vol », qui défend depuis quatre ans artisans et commerçants confrontés aux vols, annonce ce mardi faire l'objet d'une procédure de contrôle de la Commission nationale de l'informatique et des libertés (CNIL). En cause, selon l'association : la diffusion d'images de personnes présentées comme des auteurs de vols pris en flagrant délit. Une pratique que le collectif justifie par la volonté de retrouver les marchandises dérobées et de contribuer à l'identification des suspects.

Une pratique répandue dans le Var et les Alpes-Maritimes

Dans le Var et les Alpes-Maritimes, des commerçants, excédés, ont déjà posté ce type de photos. En août, une commerçante d'une boutique de prêt-à-porter de la Roquette-sur-Siagne publiait la photo (non floutée) de sa voleuse. En 2020, un artisan niçois avait même réussi à faire interpeller ses voleurs après avoir posté la vidéo des voleurs sur Internet.

Le collectif, présidé par Jérôme Jean, dénonce un paradoxe : alors que les commerçants se considèrent abandonnés face aux vols, ce sont leurs méthodes pour tenter de lutter contre le phénomène qui sont aujourd'hui examinées. « Sur le banc des accusés », résume l'association.

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Des sanctions potentielles lourdes

Le collectif souligne que les sanctions prévues en matière de protection des données peuvent atteindre 20 millions d'euros ou 4 % du chiffre d'affaires annuel. Il s'agit de plafonds de sanctions possibles et non d'une sanction prononcée à ce stade contre l'association ou un commerçant. Ras le Vol annonce qu'il répondra à la procédure par l'intermédiaire de son avocat.

Pour illustrer l'ampleur du phénomène, l'association affirme que 82 % des commerçants ont été victimes d'un vol en 2024 et que seulement 52 % des victimes ont déposé plainte. Ces chiffres sont avancés par Ras le Vol dans son communiqué, sans que leur source statistique y soit précisée. Le collectif estime que ces vols entraînent des pertes économiques parfois lourdes pour les petits commerces et dénonce une réponse insuffisante des pouvoirs publics.

Un appel aux candidats de 2027

Ras le Vol interpelle désormais le ministère de l'Intérieur, les préfectures et les mairies et réclame des mesures permettant aux commerçants de travailler sans craindre d'être « pillés au quotidien ». L'association entend également porter le sujet dans la prochaine campagne présidentielle. Elle demande aux candidats à l'élection de 2027 de recevoir ses représentants afin de travailler avec artisans et commerçants à une réforme de la législation.

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