Le vice-amiral d’escadre Laurent Hermann, nouveau préfet maritime de la Méditerranée depuis le 1er août, a pris part ce jeudi à une opération « Sécurité Mer » dans le golfe de Saint-Tropez. Cette action, programmée avant la collision du 16 août au large de Mandelieu-la-Napoule, intervient dans un contexte de hausse des opérations de sauvetage.
Une augmentation des opérations de sauvetage en Méditerranée
Au 31 juillet, le Centre régional opérationnel de surveillance et de sauvetage de la Méditerranée a déjà coordonné 550 opérations de sauvetage, contre 530 pour l’ensemble de la saison estivale précédente, selon le préfet maritime. « La saison n’est pas terminée et elle a déjà connu une activité très dense », a-t-il déclaré. Cette hausse est attribuée en partie à l’utilisation croissante du numéro 196, destiné à alerter les secours en mer.
L’accident du 16 août, qui a fait onze blessés et une personne portée disparue, a renforcé l’attention portée aux comportements à risque. « Une enquête est en cours, mais la vitesse excessive, à tout le moins le manque de maîtrise du navire est un sujet », a commenté le vice-amiral d’escadre Laurent Hermann.
Des contrôles préventifs dans le golfe de Saint-Tropez
L’opération « Sécurité Mer » a mobilisé sept moyens nautiques, dont les brigades nautiques des polices municipales de Grimaud, Saint-Tropez et Sainte-Maxime, la brigade de surveillance du littoral de Toulon, la brigade nautique côtière des Issambres, et deux unités littorales des affaires maritimes. La zone ciblée, le golfe de Saint-Tropez, mesure 4,4 milles marins de long sur 2,2 milles de large et concentre chaque été de nombreux yachts.
En raison d’une météo grise et orageuse, la plupart des grosses unités étaient au mouillage, réduisant les risques d’excès de vitesse. Toutefois, plusieurs infractions ont été relevées. Une vedette d’une vingtaine de mètres se trouvait dans une zone interdite au mouillage, en vertu de l’arrêté préfectoral 297-2026. Le capitaine, après vérification, a levé l’ancre et s’est déplacé. Un navire de plaisance à utilisation commerciale (NUC) était également au mouillage dans une zone interdite à la navigation. Le professionnel, titulaire d’un brevet Capitaine 200, a reconnu l’infraction, invoquant la présence habituelle d’autres bateaux. Le NUC a été invité à changer d’endroit.
Des verbalisations et un message de prévention
Un contrôle a abouti à une verbalisation. Un ressortissant britannique naviguait avec son jeune enfant sur un semi-rigide dont l’immatriculation n’apparaissait pas sur les boudins. Le matériel de sécurité, extincteur et brassières de sauvetage, n’était pas aux normes. « Il y a trop de manquements, on va devoir verbaliser le propriétaire », a expliqué un agent des Affaires maritimes.
Le préfet maritime a insisté sur l’importance de la prévention : « La mer ne se prend pas, elle se partage entre les différents usages. On constate encore chez les plaisanciers trop d’impréparation, d’inconscience, voire d’irresponsabilité. » Les Affaires maritimes organisent environ 300 contrôles par an auprès des plaisanciers, dont la moitié pendant la saison estivale. L’opération de ce jeudi s’inscrit dans cette démarche de sensibilisation et de contrôle, alors que la saison estivale n’est pas terminée.



