Les écologistes ont profité de leurs journées d'été à Grenoble pour aborder frontalement la question des alliances en vue de l'élection présidentielle de 2027. Alors que les spéculations vont bon train sur une possible union de la gauche, les Verts ont posé leurs conditions, refusant de se laisser enfermer dans un simple rôle de force d'appoint.
Un débat ouvert mais encadré
Marine Tondelier, secrétaire nationale d'Europe Écologie Les Verts (EELV), a déclaré lors de ces journées : « Nous ne sommes pas fermés à des alliances, mais elles doivent être construites sur des bases claires et un projet commun. » Elle a insisté sur la nécessité de ne pas répéter les erreurs du passé, notamment la Nupes, qui a selon elle « échoué faute de respect des différences ». Les écologistes veulent être un partenaire, pas un simple soutien.
Selon un sondage Ifop réalisé pour le compte de Libération, 62 % des sympathisants écologistes se disent favorables à une candidature unique de la gauche en 2027. Cependant, 45 % d'entre eux estiment que cette union ne doit pas se faire au détriment des priorités écologiques. Ce chiffre montre que la base militante est partagée entre l'envie de rassemblement et la crainte d'une dilution de leur message.
Les conditions posées par les Verts
Les écologistes ont listé plusieurs prérequis pour toute alliance. D'abord, un programme ambitieux sur le climat, avec une sortie des énergies fossiles d'ici 2030 et un investissement massif dans les transports en commun. Ensuite, une réforme fiscale pour taxer les plus hauts revenus et financer la transition écologique. Enfin, une rupture avec les politiques de « l'ancien monde », selon les termes de Yannick Jadot, député européen présent à Grenoble.
« Nous ne signerons pas un chèque en blanc », a prévenu Jadot. « L'alliance doit être un mariage de raison, pas un simple arrangement électoral. » Ces propos visent directement les discussions informelles avec La France Insoumise (LFI) et le Parti Socialiste (PS), qui explorent déjà des pistes pour 2027. Les écologistes veulent être associés à la construction du projet, et non pas simplement invités à le soutenir en bout de course.
Un enjeu électoral crucial
La question des alliances est d'autant plus pressante que les écologistes cherchent à capitaliser sur leurs bons résultats aux dernières élections européennes, où ils ont obtenu 13,5 % des voix, et aux municipales, où ils ont conquis plusieurs grandes villes comme Grenoble, Lyon ou Bordeaux. Pour 2027, l'objectif est de peser dans le débat national et de ne pas se contenter d'un rôle de figurant.
Un récent sondage Elabe pour BFMTV place Marine Tondelier comme la personnalité politique préférée des Français, avec 45 % d'opinions favorables, un score qui dépasse ceux de Jean-Luc Mélenchon (38 %) et d'Olivier Faure (32 %). Ce capital de sympathie pourrait être un atout dans les négociations à venir. Les écologistes veulent donc transformer cette popularité en influence politique réelle.
En conclusion, les écologistes ont clairement indiqué à Grenoble qu'ils sont prêts à discuter d'alliances pour 2027, mais à condition que celles-ci respectent leur identité et leurs priorités. La balle est désormais dans le camp des autres forces de gauche, qui devront décider si elles acceptent ces conditions ou si elles préfèrent tenter l'aventure en solitaire.



