Occitanie : 234 enfants dorment à la rue, l'Unicef tire la sonnette d'alarme
Occitanie : 234 enfants dorment à la rue, alerte de l'Unicef

À quelques jours de la rentrée scolaire, au moins 234 enfants dorment à la rue en Occitanie, selon le dernier baromètre de l'Unicef publié mercredi. Ce chiffre, en hausse de 18 % en un an, ne reflète qu'une partie de la réalité, préviennent les acteurs de la solidarité. Parmi ces enfants, 38 ont moins de trois ans.

Une hausse de 18 % en un an en Occitanie

Le baromètre de l'Unicef recense les enfants sans solution d'hébergement après un appel au 115. En France, au moins 2 355 enfants dorment à la rue en 2026, soit une hausse de 42 % depuis 2022. En Occitanie, 234 enfants sont concernés, un chiffre qui, selon les acteurs de la solidarité, est encore en deçà de la réalité.

Pour Nicolas Coste, coordinateur à la Fédération des Acteurs de la Solidarité Occitanie, cette augmentation s'explique « à la fois par une saturation de l'hébergement d'urgence mais aussi par les difficultés d'accès au logement social ». Il insiste : « Les dispositifs d'urgence sont aujourd'hui embolisés, et le nombre de logements à disposition n'augmente pas aussi vite que la pauvreté. »

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Des solutions d'urgence inadaptées aux familles

Cette saturation conduit à une sélection des publics selon des critères de vulnérabilité définis dans chaque département. Une « priorisation » de plus en plus difficile à accepter pour les travailleurs sociaux. « Une femme enceinte ou une mère seule avec un enfant de moins d'un an peut ainsi être prioritaire, mais une femme avec deux enfants ne rentrera plus dans les critères », déplore Nicolas Coste.

Le chiffre de 234 enfants est également à considérer avec prudence. Certains ménages ne sollicitent plus le 115, d'autres ne parviennent pas à le joindre. Et lorsque l'hébergement est possible, « les solutions proposées ne sont pas toujours adaptées », estime le coordinateur, puisqu'« une partie repose notamment sur des nuitées d'hôtel, ce qui n'est pas approprié à une vie de famille ».

Des conséquences dramatiques pour les enfants

Pour les enfants, les conséquences sont dramatiques : « Une santé qui se dégrade, une entrée dans la scolarité et une sociabilisation rendues difficiles, voire impossibles », alerte Nicolas Coste. Les déplacements imposés par certains dispositifs d'hébergement peuvent aussi provoquer des ruptures, « des déracinements qui affectent le développement psychologique de l'enfant, pris au piège des contingences matérielles de ses parents ».

Adeline Hazan, présidente de l'Unicef France, pose la question : « Si garantir un toit à tous les enfants n'est pas notre priorité, qu'est-ce qui l'est ? » Pascal Brice, président de la Fédération des acteurs de la solidarité, s'insurge : « Des enfants naissent, vivent et meurent dans nos rues, et rien ne se passe. » En 2025, 14 tout-petits et 12 ados sont morts dans la rue, victimes directes de l'inaction publique.

10 000 places supplémentaires demandées

Face à l'urgence, la Fédération demande notamment un renforcement des moyens consacrés à l'hébergement d'urgence et des places adaptées aux familles. Pour Nicolas Coste, la réponse doit aussi s'attaquer à la crise structurelle du logement, en renforçant l'accès au logement social pour les ménages les plus précaires.

En attendant, certaines communes mettent à disposition des gymnases ou cherchent des solutions temporaires pour pallier le manque de moyens étatiques. Dans le cadre du projet de loi de finances 2027, les associations défendent notamment la création de 10 000 places supplémentaires. Faute de réponses structurelles, le nombre d'enfants sans solution risque de continuer à progresser.

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