Les problèmes de communication entre les contrôleurs aériens de Washington et l'hélicoptère présidentiel américain persistent. Jeudi 27 août, alors que Donald Trump s'apprêtait à quitter la Maison-Blanche à bord de Marine One, les contrôleurs de l'aéroport national Ronald Reagan ont de nouveau éprouvé des difficultés à établir une liaison radio avec l'appareil. Pendant plusieurs minutes, ils ont dû passer par d'autres hélicoptères en vol pour tenter de transmettre leurs messages, selon des enregistrements audio du contrôle aérien consultés par CNN.
Un incident qui fait écho à celui du 4 août
Cet incident rappelle celui du 4 août, dont les circonstances sont détaillées dans un rapport préliminaire du Conseil national de la sécurité des transports (NTSB). Ce jour-là, Marine One avait quitté l'Ellipse, un grand parc public de 21 hectares situé à Washington, D.C., au sud de la Maison-Blanche, après deux tentatives infructueuses pour établir la liaison obligatoire avec la tour de contrôle, trois minutes avant le décollage. Une procédure alternative avait pourtant été définie une semaine auparavant lors d'une réunion entre les contrôleurs de Washington et les pilotes de l'hélicoptère présidentiel. Elle s'était elle aussi révélée inefficace.
Des conséquences potentiellement graves
Les conséquences auraient pu être lourdes. Faute d'avoir reçu l'avertissement à temps, les contrôleurs n'avaient pas interrompu les départs d'avions commerciaux, comme cela est normalement prévu lors des déplacements de Marine One. L'hélicoptère s'était ainsi retrouvé à 0,82 mille marin, soit environ 1,5 kilomètre, et à 700 pieds, près de 210 mètres, d'un avion de ligne d'Envoy Air qui venait de décoller, rapporte CNN. La Federal Aviation Administration (FAA) a reconnu que les deux appareils s'étaient brièvement approchés dangereusement avant de s'éloigner. Les autorités ont toutefois insisté sur le fait que Donald Trump n'avait jamais été en danger.
Des tentatives de contact infructueuses
Le rapport du NTSB attribue le problème du 4 août à une visibilité directe insuffisante entre les équipements radio de l'hélicoptère et l'Ellipse, où Marine One opérait temporairement en raison de travaux à la Maison-Blanche. La première tentative de contact de l'hélicoptère n'avait pas été reçue ; la seconde était, selon les enquêteurs, hachée et inintelligible. Les contrôleurs avaient pourtant été avertis de difficultés de communication quelques jours avant l'incident. Un enregistrement publié par ATC.com, repris par la chaîne NBC News, montre le pilote de Marine One informant la tour que l'hélicoptère disposait de "trois minutes de vol", conformément à l'accord conclu en 2013 entre la FAA et l'armée. Mais la transmission était trop mauvaise pour être comprise par le contrôleur.
Après l'incident, la FAA a indiqué avoir pris des "mesures immédiates". Pourtant, le problème s'est manifesté à nouveau jeudi dernier. Les enregistrements analysés par CNN montrent que Marine One a tenté pendant environ quatre minutes de joindre la tour avant qu'un autre appareil ne serve d'intermédiaire. Le contact finira par être établi avant le décollage. Le porte-parole de la Maison-Blanche, Kush Desai, avait toutefois affirmé après l'incident du 4 août que les vols de Marine One étaient assurés par "les meilleurs aviateurs au monde".
Un problème de coordination plus ancien
Ces incidents ravivent un problème plus ancien de coordination entre contrôleurs civils et militaires autour de l'aéroport Reagan. Après la collision du 29 janvier 2025, qui avait fait 67 morts, une audition au Congrès avait révélé qu'une ligne directe entre le Pentagone et la tour de contrôle était restée hors service pendant plus de trois ans sans que la FAA ne s'en aperçoive, rapporte NBC News.
Par ailleurs, The New York Times rapporte que les travaux menés à la Maison-Blanche pourraient avoir contribué à l'incident du 4 août, lorsque l'hélicoptère présidentiel s'est dangereusement rapproché d'un avion de ligne au-dessus de Washington, selon le rapport du NTSB. La construction d'une nouvelle salle de bal a contraint les autorités à déplacer temporairement le point de décollage de Marine One, de la pelouse sud vers l'Ellipse. Or, ce nouvel emplacement aurait compliqué les communications avec la tour de contrôle. Des techniciens ont constaté que la visibilité directe entre l'Ellipse et la tour n'était pas suffisante pour garantir les échanges radio pendant la durée des travaux. Aucun problème de fréquence n'avait été signalé avant l'incident.



