«Oui à l’excision» : une campagne choc au Mali fait scandale
«Oui à l’excision» : campagne choc au Mali

Depuis la mi-août, une campagne intitulée « Oui à l’excision » est diffusée sur les réseaux sociaux, principalement par des comptes Facebook maliens. Le visuel, conçu par intelligence artificielle, représente une lame de rasoir cochée d’un trait vert. Ses promoteurs, des hommes connus ou anonymes, religieux ou simples civils, revendiquent leur soutien à l’ablation partielle ou totale du clitoris, sans suivi ni acte médical, au nom de la « protection des petites filles », de la « construction de leur avenir » ou du respect de la loi.

Un vide juridique au Mali

Au Mali, aucun texte législatif n’interdit spécifiquement les mutilations génitales féminines (MGF), rappelle la BBC. Pourtant, plusieurs projets de loi abolissant cette pratique ont été déposés, mais sans aboutir. L’Organisation mondiale de la santé (OMS) souligne que l’excision « entrave le fonctionnement naturel de l’organisme féminin ». Les militants pro-excision avancent des arguments religieux, culturels et traditionnels pour maintenir cette pratique.

La riposte des défenseures des droits des femmes

Zeinabou Tina Idé, défenseure des droits des femmes, balaye ces justifications. « Les mutilations génitales féminines (MGF) sont pratiquées dans des communautés musulmanes, mais aussi chrétiennes, tout comme dans des communautés attachées aux traditions, confie-t-elle à la BBC. Au sein du monde musulman, cela n’est absolument pas recommandé. Al-Azhar, la plus haute autorité de l’islam sunnite, a d’ailleurs publié une fatwa affirmant que l’excision n’a aucun fondement religieux et constitue une agression contre la personne humaine. »

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Face à cette offensive, de nombreux contre-slogans comme « Non à l’excision » ou « Protégeons les filles » ont émergé sur les réseaux sociaux. Le Collectif des féministes du Sénégal appelle à signer « une pétition pour exiger une loi qui interdise l’excision au Mali ». En juin dernier, le gouvernement français a lancé une campagne de sensibilisation, estimant à 125 000 le nombre de femmes victimes d’excision résidant en France. Cette mobilisation pourrait faire pression sur les autorités maliennes pour enfin adopter une loi interdisant les MGF.

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