Nîmes : Nicolas Nadal détaille les projets sécurité, police armée, trottinettes
Nîmes : Nicolas Nadal détaille les projets sécurité

Dans un entretien accordé à Midi Libre, Nicolas Nadal, adjoint à la sécurité de la ville de Nîmes depuis l'élection du maire Vincent Bouget, fait le point sur les projets municipaux en matière de sécurité. Il aborde notamment la question du narcotrafic, des épiceries de nuit et de la tranquillité publique.

Un apaisement dans les quartiers mais un trafic toujours présent

Interrogé sur la situation dans les quartiers prioritaires, un an après une série de fusillades, Nicolas Nadal estime que la situation s'est apaisée. Il souligne l'annonce faite par le maire suite à la venue du ministre de l'Intérieur : la création d'un poste conjoint devant le poste de police. « Il faut se réimplanter dans les quartiers. Il faut que la police municipale et nationale soit visible et travaille sur les quartiers de manière pérenne. Ça ne réglera pas tout, mais c'est un premier pas », déclare-t-il.

Le trafic de stupéfiants reste toutefois présent. Pour y remédier, la Ville prévoit des postes mobiles de proximité, présents sur les marchés ou lors d'événements sportifs, afin de favoriser les échanges avec les habitants. « C'est ce qui ressort de leurs demandes : ils veulent vivre en paix », ajoute Nadal.

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Médiation urbaine et accompagnement des jeunes

Un travail sur la médiation urbaine et l'accompagnement périscolaire est également mené avec les associations, notamment aux entrées et sorties de collège. « Car ce qui remonte du terrain, c'est qu'à cet âge-là, les narcotrafiquants happent les jeunes. Nous voulons donc sensibiliser les familles sur l'importance de leur présence », explique l'adjoint.

Il évoque aussi la problématique de l'addiction et de la santé mentale, qui entraîne des consommations de stupéfiants. « Il faut travailler sur les consommateurs pour réduire le nombre de vendeurs. Nous voulons aussi accompagner les familles qui souhaitent sortir du narcotrafic, notamment en travaillant avec le Département et la Région pour pouvoir leur proposer un logement loin de Nîmes », précise-t-il.

Défense des services publics et effectifs de police

Nicolas Nadal insiste sur la nécessité de défendre la présence des services publics dans les quartiers. « Aujourd'hui, il faut défendre la présence des services publics que les quartiers perdent. Aider les associations pour qu'elles puissent travailler en toute sérénité auprès de la jeunesse et des familles. Et puis retisser du lien avec les effectifs de la police municipale qui sont déjà très présents et qui font un gros travail », affirme-t-il.

Concernant les effectifs, la police municipale compte actuellement 190 agents. L'objectif fixé par la précédente municipalité était de 200. « On tend vers cet effectif. Une fois atteint, on prendra le temps d'analyser. On n'exclut pas d'augmenter davantage », indique Nadal.

Équipement et armement de la police municipale

Interrogé sur l'équipement des agents, l'adjoint estime que la police est bien protégée, avec des gilets pare-balles, des pistolets à impulsion électrique, des armes de service et des caméras embarquées. « Il faut que la police puisse répondre aux agresseurs. Et aujourd'hui, les agresseurs sont lourdement armés. Il est donc inconcevable d'imaginer une police qui serait désarmée », déclare-t-il fermement.

Priorités hors des quartiers : l'Écusson et les bornes d'urgence

En dehors des quartiers, la sécurité dans le secteur de l'Écusson est une priorité. Le maire a confié à Nicolas Nadal une réflexion sur la présence policière avenue Feuchères et sur l'Esplanade. « Beaucoup de femmes, ou des personnes de la communauté LGBT, nous ont fait remonter des agressions sur ce secteur-là », explique-t-il.

Trois bornes d'appel d'urgence seront installées fin 2026 ou début 2027 : deux sur l'avenue Feuchères, à l'avant et à l'arrière de la gare, et une en réflexion sur le centre-ville. Ces bornes, équipées d'un défibrillateur, permettront un lien direct avec le poste de commandement de la police municipale en cas d'agression ou de situation anormale.

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Obligation du casque pour les trottinettes électriques

Nicolas Nadal annonce également un arrêté à venir sur l'obligation du port du casque pour les trottinettes électriques. « Il y a trop d'accidents. Il y a deux semaines, une personne âgée s'est fait renverser. Il faut dire stop », justifie-t-il. L'arrêté doit sortir au cours de la semaine suivante. Une campagne de prévention sera déployée avant la répression, avec une amende de 150 euros en cas de non-port du casque.

Depuis le début de l'année, 203 verbalisations ont été dressées pour non-respect de la signalisation, franchissement de feu rouge, vitesse ou sens interdit. « On est à un refus d'obtempérer par jour en trottinette. C'est énorme », souligne l'adjoint.

Bilan de la fermeture des épiceries de nuit

Sur le sujet des épiceries de nuit, un arrêté municipal impose leur fermeture d'avril à octobre dans le secteur de l'Écusson, période la plus sensible aux nuisances. « Cela permet à nos effectifs d'être déployés beaucoup plus fortement sur d'autres épiceries à l'extérieur, pour un travail répressif plus important », explique Nadal. Selon lui, 95 % des épiceries appliquent l'arrêté. Pour les cinq qui posent problème, des opérations conjointes avec la police nationale et la préfecture sont menées pour procéder à des fermetures administratives. « Tout ce travail permet de réduire les nuisances et de créer de l'apaisement », conclut-il.

Coopération avec la préfecture et préparation estivale

La relation avec le préfet et la police nationale s'est améliorée. « Dès le départ, le maire a rencontré le préfet pour recréer ce lien qui s'était perdu entre la police nationale, la préfecture et la Ville. Un lien de proximité très étroit qui nous a permis d'avoir de très bons résultats durant la feria de Nîmes, avec moins de rixes que l'année dernière », se félicite Nadal. Cette coopération a également permis la fermeture de bodegas illégales.

Pour la saison estivale, la Ville travaille sur plusieurs volets : prévention, barriérage, sécurisation des voies publiques, surveillance des jardins publics le soir pour éviter les attroupements et les nuisances. Des règles strictes interdisent les comptoirs le soir pour faciliter le flux de passants et limiter les nuisances sonores.