Une fête sauvage dans le quartier des Cévennes, avec la DZ mafia en toile de fond
Un impressionnant feu d’artifice a été tiré dans le quartier des Cévennes à Alès, dans le Gard, samedi 5 juillet 2025. Cette fête non déclarée, organisée en plein cœur d’un quartier populaire, s’est déroulée dans un contexte de guerre de territoire entre narcotrafiquants. La présence présumée de la DZ mafia, un réseau marseillais, inquiète les autorités.
Les rappeurs Naps et Dika au cœur de l'événement
La semaine précédant l’événement, l’annonce de la venue des rappeurs Naps et Dika pour tourner un clip vidéo s’est répandue sur les réseaux sociaux. Aucune autorisation n’avait été demandée à la mairie. Dans ce quartier gangrené par le trafic de stupéfiants, cette manifestation interroge sur la sécurité des participants, alors qu’une guerre de territoire fait rage. La lutte d’influence s’est intensifiée ces dernières semaines, avec une présence supposée de la DZ mafia, comme en témoignent les fresques murales du quartier.
Policiers, gendarmes, magistrats et élus craignent de voir débarquer le réseau marseillais à la faveur des multiples opérations d’interpellation qui tendent à faire disparaître du paysage les trafiquants historiques d’Alès.
Des drapeaux algériens et un feu d’artifice pour célébrer l’indépendance
Samedi 5 juillet, les deux rappeurs ont animé le quartier avec de grosses cylindrées allemandes décorées de drapeaux algériens. Au programme des festivités : blocage des accès au quartier avec des dizaines de chariots récupérés auprès de la grande surface voisine, rodéo à moto, et à la nuit tombée, tir d’un feu d’artifice digne du 14 juillet sur le rond-point central pour commémorer l’indépendance de l’Algérie.
Sous couvert d’anonymat, un policier indique : « On peut considérer ce genre de fête comme du soft power. Des messages sont passés aux riverains, et à la concurrence. » Un spécialiste du renseignement policier confirme : « Il y a un changement dans le quartier. Un cadre du trafic de drogue est précipitamment parti se mettre au vert au Maroc. » « La nature a horreur du vide, appuie un magistrat. Et on sait bien qu’un réseau chasse l’autre. »
Pour les riverains, c’est le silence qui prévaut. Aucun d’entre eux n’a avisé les autorités des dérangements. Les habitants ont commencé à se manifester dimanche matin, après la fête, pour se plaindre des entraves à la circulation. Lundi matin, les barrages ont été levés.
Interpellations et condamnations
Les policiers de terrain ont constaté la présence de nouveaux dealers dans le quartier. Ce jeudi, deux livreurs de 18 et 19 ans ont été interpellés en possession de drogue et d’argent. Les deux prévenus ont été condamnés ce lundi au tribunal d’Alès. Ils ont écopé de cinq et six mois de prison avec mandat de dépôt et interdiction de paraître à Alès. Une peine relativement lourde, de l’aveu même d’un avocat qui estime que « les magistrats risquent de taper plus fort pour dissuader le réseau de s’installer. »
Dans la soirée du samedi 5 juillet, un mineur a également été interpellé et déféré à Aix-en-Provence. Bilan des deux opérations : 500 g de résine, 50 g de cocaïne, 200 g d’herbe et plus de 600 euros saisis par les policiers. Le point commun entre les trois individus ? Leur venue des Bouches-du-Rhône, comme les rappeurs.



