Le conseil municipal de Brest a approuvé vendredi la création d'une police municipale, mettant fin à une exception française : la ville était la dernière de plus de 100 000 habitants à ne pas disposer d'une telle force. Cette décision concrétise un engagement de campagne du nouveau maire divers droite, Stéphane Roudaut, élu en mars avec 57 % des voix après trente-sept ans de gestion socialiste.
Un engagement tenu en trois mois
« J'ai pris l'engagement d'aller vite sur la création d'une police municipale. Aujourd'hui, trois mois après notre prise de fonction, trois mois seulement, nous allons le concrétiser. Engagement pris, engagement tenu », a déclaré Stéphane Roudaut en présentant la délibération au conseil municipal.
La nouvelle police municipale sera dotée de 150 agents à l'horizon 2032, soit environ un agent pour 1 000 habitants. Elle sera armée et devrait coûter 7 millions d'euros par an. « Les policiers municipaux à Brest arriveront le plus rapidement possible. Nous avons déjà reçu des dizaines de CV de policiers municipaux en poste ailleurs en France », a ajouté le maire.
Une opposition divisée
Les élus municipaux de La France Insoumise (LFI), écologistes et communistes ont voté contre ce projet, tandis que le Parti socialiste (PS) n'a pas pris part au vote. « Les 7 millions que vous prenez pour la police municipale vont manquer cruellement », a dénoncé l'élue Insoumise Cécile Beaudouin, estimant que cette somme aurait dû être allouée à d'autres priorités comme la santé mentale, les violences sexuelles et conjugales ou la construction de logements d'urgence.
L'écologiste Glen Dissaux, pourtant favorable à une police municipale, a dénoncé un projet « mal calibré qui va nous empêcher d'investir ailleurs ». Le cofinancement de l'État et du Conseil départemental du Finistère, à hauteur de 2 millions d'euros, est attendu pour soutenir la création de cette force.
Vidéosurveillance renforcée
À terme, Brest doit également s'équiper d'une centaine de points supplémentaires de caméras de vidéosurveillance, renforçant ainsi le dispositif de sécurité urbaine. La ville, deuxième de Bretagne, était la dernière grande ville française à ne pas disposer d'une police municipale, l'ancien maire socialiste François Cuillandre (2001-2026) s'y étant fermement opposé avant de changer de position in extremis lors de la dernière campagne électorale.



