Postés à Antibes, les pompiers de la section nautique du Sdis 06 (Service départemental d'incendie et de secours des Alpes-Maritimes) veillent sans relâche sur la Méditerranée. Entre interventions d'urgence, gestion psychologique face aux récents drames maritimes et déploiement de navires de pointe, ces sauveteurs dévoués n'hésitent pas à s'engager sur leurs propres jours de repos pour assurer la sécurité en mer.
Une intervention rapide sur le sentier du littoral
Au port du Crouton, la radio des trois pompiers de garde fonctionne à plein régime. À 11 heures, ils sont appelés pour un « trauma cheville d'une femme de 61 ans » signalé sur le sentier du littoral. Propulsés par les deux puissants moteurs du Zodiac, Bertrand, Mickaël et Florent arrivent sur place en quelques minutes. La mission est rapidement bouclée, une équipe terrestre prenant la victime en charge.
La collision de Mandelieu dans les esprits
Si l'intervention du jour se termine bien, cela n'a pas été le cas dimanche 16 août en soirée. Deux bateaux se sont percutés à Mandelieu-la-Napoule, faisant dix blessés et une personne toujours disparue. Ce dramatique accident maritime a marqué les esprits des équipes mobilisées. La collision a impliqué vingt personnes au total. Le Bateau rapide de sauvetage (BRS 40) qui abrite l'équipe a été mobilisé, mais les trois sauveteurs étaient de repos la nuit de l'accident.
Face au drame, la règle d'or est de ne jamais se laisser submerger par la situation. Pour éviter de perdre leurs moyens, les équipages misent sur un entraînement intensif visant à créer des automatismes infaillibles, capables de prendre le dessus sur n'importe quel élément perturbateur. Le contrecoup survient la plupart du temps après coup, lorsque la pression retombe. De retour à la caserne, une discussion d'équipe autour de la machine à café est essentielle. « C'est un débriefing informel, qui permet à chacun de vider son sac. Beaucoup intériorisent leur mal-être émotionnel après une intervention éprouvante », explique Florent.
Incendie et aide aux victimes : un navire polyvalent
La section nautique du Sdis 06 est parée à toute éventualité. Leur arme de prédilection, le « Jean Giraud 2 », un navire surpuissant de 1 300 CV, a été pensé comme une ambulance maritime. Sa cabine regroupe le matériel d'un véhicule de secours terrestre (brancards, défibrillateur, oxygène, etc.) ainsi que 35 gilets de sauvetage. Mais c'est aussi un redoutable bateau-pompe : il dispose d'un canon projetant 3 000 litres d'eau à la minute et de cuves à mousse pour étouffer les flammes des cales.
Bien que le sauvetage de personnes concentre l'écrasante majorité de leurs interventions (95 %), le risque d'incendie n'est pas oublié pour autant. Quelle que soit l'urgence, la réussite de ces missions repose sur une coordination millimétrée. Sur l'eau, la solidarité prime, avec une action conjointe entre les pompiers et les bénévoles de la SNSM.
Un dévouement sans faille sur les jours de repos
Au-delà de la technique, la cohésion des équipages fait la différence. Daniel, pilote depuis 23 ans, le rappelle avec humilité : « Ces gardes nautiques sont assurées par les sapeurs-pompiers sur leurs propres jours de repos ». Un dévouement sans faille pour veiller sur la Méditerranée.



