Les générations passent et la mémoire s’estompe. Peu nombreux sont ceux qui, aujourd’hui, savent qu’en 1944, un maquis était implanté à La Prade, sur la commune de Saint-Rome-de-Cernon. Formé par Birebent, chef de l’AS (armée secrète) de Millau, en accord avec Freychet de Roquefort, chef départemental AS, ce maquis avait pour but de regrouper les jeunes volontaires, souvent réfractaires au STO.
Un camp refuge discret
Ce "camp refuge" devait avoir une apparence légale pour échapper à d’éventuelles poursuites. Il se fit avec la connivence des Eaux et forêts. La Prade, située entre Millau et Roquefort, présentait plusieurs avantages : la présence de baraquements abandonnés par les chantiers de jeunesse et la proximité de la gare, qui offrait des possibilités pour les déplacements et réceptions de jeunes ou de ravitaillements.
Vingt jeunes hommes de diverses origines
C’est une vingtaine de jeunes hommes de condition et d’origines diverses qui, de février à mai 1944, se regroupent là et y fondent "un maquis première génération", simple refuge avant de devenir un "maquis d’actions". Les premiers arrivés s’étaient connus au Monna, puis il en vient d’un peu partout, envoyés par l’AS.
Les premières actions armées
Le 30 mars, les armes arrivent. Fin mars, les armes commencent à arriver et le 30 marque le début des opérations d’envergure avec l’enlèvement de ravitaillement aux entrepôts Coutou de Millau et début avril celui d’une voiture Citroën au garage de la SGTD à Millau, mais sans pouvoir récupérer de l’essence.
Fin avril, nouvelle action pour enlever de l’essence à Millau au cours de laquelle Roubertier, arrêté et retenu au commissariat de police, réussit à s’enfuir malgré les coups de feu qui le visaient. Il y eut ensuite un transport d’armes entre Espalion et le camp en passant par Sévérac et Millau et les sabotages de pylônes à Saint-Germain et sur le plateau de Cornus.
La fin du maquis
Fin avril, la situation évolue. Les Eaux et forêts, se doutant que le groupe est fortement armé, mettent fin à l’activité et cessent leurs relations. Le 5 mai, c’est l’échec devant le dépôt de carburants à Saint-Félix sous Rodez et l’arrestation de Freychet et de Clé, qui fut lourde de conséquences pour le petit maquis. Il fallait déménager et les maquisards envisagent un premier temps de se replier dans une bergerie proche mais l’ordre de quitter le secteur tombe le 15 mai et entraîne la dislocation du groupe. Les uns rejoignent le maquis Paul Clé, d’autres le maquis Testor à Sévérac ou celui de Coudols.
Une stèle pour ne pas oublier
C’est pour que cette page d’histoire locale ne soit pas oubliée, que la commune, en lien avec l’amicale Paul Clé, a souhaité faire ériger sur le chemin qui mène à La Prade une stèle commémorative qui sera officiellement inaugurée le mercredi 27 mai 2026, à 10 heures.



