L'Europe muscle son arsenal contre les pénuries de médicaments
Face à des pénuries de plus en plus fréquentes et préoccupantes, l'Union européenne a décidé de renforcer considérablement son dispositif de lutte contre les ruptures d'approvisionnement en médicaments. Cette initiative, présentée ce mercredi par la Commission européenne, vise à garantir un accès équitable et continu aux traitements essentiels pour tous les citoyens européens.
Le nouveau plan d'action repose sur plusieurs piliers fondamentaux. Tout d'abord, il prévoit la création d'un mécanisme de solidarité entre États membres, permettant de redistribuer les stocks disponibles en cas de crise. Ensuite, il instaure un système d'alerte précoce pour détecter les risques de pénurie avant qu'ils ne se matérialisent. Enfin, il encourage la diversification des sources d'approvisionnement, notamment en favorisant la production locale de principes actifs.
Des mesures concrètes pour sécuriser la chaîne d'approvisionnement
Parmi les mesures phares, on trouve l'obligation pour les fabricants de constituer des stocks de sécurité d'une durée minimale de quatre mois pour les médicaments jugés critiques. Les entreprises qui ne respecteraient pas cette obligation s'exposeraient à des sanctions financières significatives. Par ailleurs, un observatoire européen des pénuries sera mis en place, chargé de collecter et d'analyser les données en temps réel.
La Commission souhaite également réduire la dépendance de l'Europe vis-à-vis de pays tiers pour la fabrication de médicaments. Actuellement, près de 40 % des principes actifs utilisés dans l'UE proviennent de Chine et d'Inde. Pour y remédier, un fonds d'investissement de 2 milliards d'euros sera dédié au soutien de projets de relocalisation et d'innovation dans le secteur pharmaceutique européen.
Une réponse aux crises récentes
Cette nouvelle régulation fait suite à plusieurs épisodes de pénurie qui ont touché le continent, notamment lors de la pandémie de Covid-19 et plus récemment avec les antibiotiques et les médicaments pour enfants. Les associations de patients et les professionnels de santé saluent cette initiative, tout en appelant à une mise en œuvre rapide et efficace.
Le texte doit maintenant être examiné par le Parlement européen et le Conseil de l'UE. Les premières mesures pourraient entrer en vigueur dès 2027. L'objectif affiché est de parvenir à une autonomie stratégique dans le domaine de la santé d'ici 2030.



