François Hollande prépare un retour surprise pour 2027
Hollande prépare un retour surprise pour 2027

Près de deux ans après son retour à l'Assemblée nationale lors des législatives anticipées de l'été 2024, François Hollande suscite désormais bien plus que de la curiosité. Redevenu personnalité politique préférée des Français dans le baromètre Ifop-Fiducial pour Paris Match et Sud Radio (49 % de bonnes opinions en juillet 2026, derrière Michel-Édouard Leclerc à 53 %), l'ancien président de la République a réuni ses soutiens pour un cocktail à la questure du Sénat mercredi soir, alimentant les spéculations sur une nouvelle candidature à l'Élysée.

Une ambition présidentielle qui se précise

Devant ses partisans, François Hollande a livré son analyse de la scène politique et du contexte international. « Ce nouveau monde appelle une nouvelle gauche. On ne peut pas reproduire ce qu'on a fait avant », a-t-il déclaré, rappelant qu'il « connaissait » bien « la fonction » présidentielle. « Je peux être utile mais je ne peux pas être un candidat de témoignage », a-t-il insisté. Un ex-socialiste qui le connaît de longue date raille : « Il veut revenir, il se voit revenir, il est revanchard. Il trouvera bien une pirouette pour emmerder Glucksmann et Faure. »

Une stratégie en dehors de la primaire socialiste

Alors que le Parti socialiste a tranché pour une primaire fermée en octobre, l'élu de Corrèze a laissé entendre qu'il n'y participera pas. Il prévoit d'être présent à la rentrée avec un ouvrage en septembre et une large tournée sur le terrain et dans les médias, quitte à polluer la campagne interne de son parti. « Il sera, dans toutes les sous-préfectures de France, ce qu'il adore. Il se prépare, mais il n'ira à la présidentielle que si les planètes s'alignent parfaitement », confie un de ses amis.

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Des obstacles de taille

Malgré sa hausse de popularité, le défi est difficile. Ses prédécesseurs Nicolas Sarkozy et Valéry Giscard d'Estaing n'ont jamais réussi à reconquérir l'Élysée après une défaite. Lui n'a jamais perdu, mais l'impopulaire chef de l'État n'avait pas pu se représenter en 2017. Dans les intentions de vote, François Hollande plafonne toujours sous les 10 %, sans dépasser le score de Raphaël Glucksmann. Reste que le socialiste est une bête politique qui pourrait contrecarrer les espoirs du leader de Place Publique. « Il est fort Hollande, je suis l'un de ceux qui disent qu'il ne faut pas le sous-estimer », indique un élu proche de l'eurodéputé. À droite, Julien Aubert, vice-président Les Républicains, renchérit : « Je vois bien les électeurs de gauche s'agglomérer autour du mec qui ne peut pas gagner, mais qui est le moins mauvais. Glucksmann, il n'en fera qu'une bouchée. »

Une stratégie risquée

François Hollande préfère temporiser jusqu'au début de l'année prochaine, misant sur un échec de la candidature de Raphaël Glucksmann, qui n'a pas dissipé les doutes sur sa capacité à mener la bataille présidentielle. « Il a passé l'âge de se lancer pour avoir sa tête sur les affiches. Il n'ira que pour gagner, et pour faire gagner la gauche. Mais attendre le crash d'un candidat désigné par la primaire est une stratégie risquée », prévient le député PS du Val-d'Oise, Romain Eskenazi. Il faudra aussi compter avec Bernard Cazeneuve, qui a fait un pas de plus vers une candidature jeudi dans une lettre aux Français. « La carte du recours n'est pas évidente. Déjà en 2022 il pensait que le toboggan d'Anne Hidalgo dans les sondages la pousserait à se retirer, mais elle s'est maintenue jusqu'au bout », craint un des soutiens de l'ancien président. François Hollande se rêve en « joker » de la gauche, sans aucune certitude d'être un jour dégainé.

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