Fabien Roussel a été réélu secrétaire national du Parti communiste français (PCF) ce dimanche 5 juillet 2026 à Lille, à l'issue du 40e congrès du parti, avec 70,1 % des voix des militants. Ce score le conforte dans son ambition de se présenter à l'élection présidentielle de 2027, après une première candidature en 2022 où il avait obtenu 2,28 % des suffrages.
Un congrès marqué par une participation en baisse
Sur près de 40 000 adhérents à jour de cotisation, seuls 24 600 ont participé au vote. Le texte d'orientation du secrétaire national n'a recueilli que 61,4 % des suffrages, contre 81,9 % lors du précédent congrès en 2023. Une clause de « revoyure » qui aurait permis de remettre en cause la candidature à l'automne a été rejetée samedi.
La voie vers 2027 se précise
Avant l'officialisation de sa candidature, le parti doit confirmer le principe d'une candidature communiste, puis le nom de Fabien Roussel sera soumis au vote des militants le 6 septembre prochain. Début juin, les militants avaient déjà approuvé la ligne de la direction, qui revendique la légitimité du PCF à porter « une candidature de rassemblement issue de leurs rangs ». Roussel avait déclaré vendredi à l'ouverture du congrès : « J'ai dit que j'étais prêt, si vous le décidiez, à mener ce combat avec vous une nouvelle fois. »
Rupture consommée avec La France insoumise
Cette perspective ravive les tensions avec La France insoumise (LFI). Le coordinateur de LFI, Manuel Bompard, a jugé cette semaine que la position de Roussel avait « plutôt reculé », critiquant son entêtement. Jean-Luc Mélenchon a réagi samedi sur X, écrivant : « Tristesse. Non-rejet à 60% par le congrès du PCF de calomnies visant LFI. Hier, le PCF était l'allié de LFI. En 2012 et 2017 à la présidentielle. Puis de nouveau aux élections législatives de 2022 et 2024. Incompréhensible. Nous prenons acte de cette rupture et surtout de son… »
En cause, le score de Fabien Roussel à la présidentielle de 2022 (2,28 %), jugé responsable par les Insoumis de l'échec de Jean-Luc Mélenchon à se qualifier pour le second tour, à seulement 420 000 voix près.
Roussel revendique son autonomie
Fabien Roussel, qui a perdu son siège de député lors de la dissolution de 2024, refuse de s'aligner sur LFI et revendique une identité communiste propre, entre programme social radical et imagerie plus traditionnelle. Il estime que l'absence du PCF à la présidentielle renforcerait l'abstention plutôt que de freiner l'extrême droite. En interne, tous ne partagent pas cette stratégie : le président du groupe des députés communistes, Stéphane Peu, plaide plutôt pour un accord avec LFI, susceptible de garantir des circonscriptions au PCF lors des prochaines législatives.



