Présidentielle 2027 : le RN rate sa pré-campagne, mais personne n'en parle
Présidentielle 2027 : le RN rate sa pré-campagne

À moins d'un an du premier tour de l'élection présidentielle de 2027, le Rassemblement national (RN) semble en difficulté dans sa phase de pré-campagne. Pourtant, cet échec stratégique passe largement inaperçu dans les médias et les débats politiques. Comment expliquer ce silence ?

Une machine qui patine

Le parti de Marine Le Pen, pourtant donné favori dans les sondages, n'arrive pas à imprimer un rythme de campagne convaincant. Les meetings sont clairsemés, les propositions peinent à émerger, et les cadres du parti semblent manquer de coordination. « C'est une pré-campagne ratée », confie un député RN sous couvert d'anonymat. « On n'a pas de cap clair, et les querelles internes prennent le pas sur le fond. »

Des divisions internes persistantes

Les tensions entre les différents courants du parti, notamment entre les « durs » et les « modérés », ne sont pas nouvelles, mais elles s'exacerbent à l'approche de l'échéance électorale. La ligne politique, oscillant entre dédiabolisation et radicalité, peine à convaincre au-delà de l'électorat traditionnel. « Le RN n'a pas encore trouvé son angle d'attaque pour 2027 », analyse un politologue. « Il reste sur ses thèmes classiques, sans renouvellement. »

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Un silence médiatique assourdissant

Malgré ces difficultés, les médias nationaux accordent peu de place à cette situation. Les journaux télévisés et les grands quotidiens préfèrent se concentrer sur les divisions de la gauche ou les atermoiements de la majorité présidentielle. « C'est un angle mort », déplore un journaliste politique. « On parle beaucoup des problèmes des autres partis, mais on oublie que le RN, pourtant en tête des intentions de vote, est en pleine crise de croissance. »

Ce silence pourrait s'expliquer par une forme de lassitude : le RN est souvent présenté comme un parti « hors système », mais ses difficultés internes ne suscitent pas l'intérêt des rédactions. « On a l'impression que le RN est indéboulonnable, alors on ne creuse pas », ajoute un éditorialiste.

Un électorat qui attend

Pourtant, les électeurs du RN, eux, sont en attente. Les sondages montrent une base fidèle, mais qui s'interroge sur la capacité du parti à incarner une alternative crédible. « Les militants sont déçus », témoigne un responsable local. « Ils voient que le parti n'avance pas, et ça crée de la frustration. »

En parallèle, d'autres formations politiques, comme Reconquête d'Éric Zemmour, tentent de capitaliser sur cette faiblesse. Mais pour l'instant, rien n'y fait : le RN reste en tête, mais avec une dynamique en berne.

Un pari risqué

Si le RN ne corrige pas le tir rapidement, il pourrait voir son avance fondre. La présidentielle de 2027 s'annonce ouverte, et le parti de Marine Le Pen n'a pas le droit à l'erreur. « Le temps presse », conclut un conseiller en communication. « Il faut que le RN sorte de son silence et propose un projet clair. Sinon, l'électorat pourrait se tourner ailleurs. »

En attendant, le silence médiatique autour de cette pré-campagne ratée profite peut-être au RN, qui évite les critiques. Mais à long terme, cette absence de débat pourrait nuire à la démocratie, en laissant dans l'ombre les difficultés d'un parti qui pourrait bien accéder au pouvoir.

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