Le député Rassemblement national (RN) Julien Odoul a provoqué un tollé en déclarant sur le plateau de CNews, dans l'émission « 100 % Frontières » du 27 août, que « la femme ne peut jamais être malveillante » ni « manipulatrice », des propos jugés sexistes par plusieurs élus de gauche. Invité à commenter les demandes de maires d'annuler les concerts de Patrick Bruel, mis en examen pour violences sexuelles, il a estimé que « pour certains, la femme est toujours une victime par définition », ajoutant qu'« il en existe » des femmes malveillantes ou manipulatrices, citant l'affaire Ary Abittan comme exemple de faux témoignage.
Des propos tenus dans le cadre de l'affaire Patrick Bruel
Lors de l'émission consacrée notamment à la garde à vue du député insoumis Sébastien Delogu, aux accusations de viols sur des femmes migrantes à Ceuta et aux plaintes contre Anne Hidalgo, les chroniqueurs ont débattu des demandes de plusieurs maires d'annuler les concerts de Patrick Bruel, visé par plus de trente plaintes pour viol et agression sexuelle. Le présentateur Gauthier Le Bret a interrogé la décision des édiles au nom de la présomption d'innocence, soutenu par la chroniqueuse Hélène Roué, journaliste au « Journal du Dimanche », qui a affirmé que « les maires ne sont pas juges ».
Julien Odoul, également porte-parole du RN, a d'abord déclaré que « c'est à la justice seule de décider si Patrick Bruel est coupable ou non », avant de dénoncer « un coup de com assez facile de certains maires de se payer la tête de Patrick Bruel ». Il a également évoqué un « deux poids deux mesures » en référence à un « totem d'immunité » pour l'islamologue suisse Tariq Ramadan, condamné en mars à 18 ans de prison pour viols.
Réactions indignées des élus de gauche
Les propos de Julien Odoul ont suscité de vives réactions sur les réseaux sociaux. Manuel Bompard, coordinateur de La France insoumise, a écrit sur X : « Le délinquant Odoul du RN vomit son sexisme sur CNews en dénigrant les plaignantes visant Patrick Bruel en les soupçonnant d'être malveillantes et manipulatrices. Pour le RN, quand une femme est victime, c'est de sa faute ! »
Le député Place Publique Aurélien Rousseau a qualifié ces propos de « minables et effrayants ». L'eurodéputée écologiste Mélissa Camara a rappelé que « seulement 7 % des victimes de viol, tentative de viol ou agression sexuelle portent plainte », ajoutant : « Mais, au RN, le vrai sujet reste les “femmes manipulatrices”. Un parti misogyne qui met les femmes en danger. Bruel, lui, va bien. » La conseillère socialiste de Paris Gabrielle Siry-Houari a également réagi, affirmant que « le RN [est] totalement aligné avec les pires discours masculinistes ».
Un contexte de condamnation pour le député RN
Julien Odoul, qui a été condamné en appel dans l'affaire des assistants parlementaires du Front national, a justifié son propos en évoquant « l'explosion des violences sexuelles et sexistes » et « la libération de la parole des femmes », tout en insistant sur la nécessité de « prendre le sujet à bras-le-corps » uniquement « quand il y a condamnation ». La séquence n'a pas été diffusée sur les réseaux sociaux de CNews, mais a été repérée par plusieurs internautes, notamment via un tweet du compte @stonellyon qui a relayé ses déclarations.



