De LFI à Renaissance, le retour des cahiers de vacances politiques
Le surprenant retour des cahiers de vacances politiques

C’est un objet politique estival aussi discret que redoutable : le cahier de vacances. Alors que les Français plient bagage, au moins deux formations de poids ont choisi de faire campagne autrement. La France insoumise d’un côté, Renaissance de l’autre, surprennent en renouant avec un format aux allures de simple jeu pédagogique.

Un support de campagne pas si innocent

Derrière les coloriages et les grilles de mots croisés se cache une ambition claire : occuper l’esprit des électeurs pendant la trêve estivale. Le principe est connu : reprendre les codes du cahier de vacances scolaire, mais pour servir un programme politique. Quiz sur les institutions, textes à trous sur le bilan du gouvernement, jeux d’association sur les propositions : tout est pensé pour faire passer un message.

Ce style n’est pas inédit. Il avait déjà été utilisé par quelques partis par le passé, mais il avait peu à peu disparu au profit des vidéos et des réseaux sociaux. Son retour est donc notable. Il traduit une volonté de revenir à des formats durables, qui accompagnent les familles tout au long de l’été.

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La France insoumise ouvre le bal

La France insoumise a été la première à frapper fort. D’après le mouvement de Jean-Luc Mélenchon, ce livret a été imaginé pour rendre la politique plus accessible, notamment au jeune public. Le cahier se présente comme une redécouverte des fondamentaux du programme : la lutte contre les inégalités, la transition écologique, l’exercice de la démocratie. L’initiative a suscité une certaine curiosité, y compris chez les électeurs éloignés de la vie militante.

L’objet a dépassé très vite le cercle des sympathisants. Les pages ont circulé dans les bibliothèques, sur les comptes Instagram et dans les médias. Ce qui n’a rien d’anodin : en période de faible actualité politique, ce cahier offre un moyen original de rester présent.

Renaissance réplique avec son propre cahier

Face à ce succès d’attention, Renaissance a emboîté le pas. Le parti de la majorité présidentielle a décliné le même principe, avec des exercices centrés sur son bilan. Économie, pouvoir d’achat, écologie : les chapitres reprennent les grands thèmes de la campagne de la majorité. L’idée est de montrer que ce que le gouvernement accomplit peut s’apprendre et se comprendre simplement, presque en s’amusant.

Cette double sortie a retenu l’attention du Point. Le journal relève que cette concurrence estivale n’est pas la première ni la dernière, mais elle marque une tendance de fond : les partis ont compris que la pédagogie pouvait aussi être une arme électorale.

Un objet plébiscité dans les familles

Le cahier de vacances politique a plusieurs avantages. Il est ludique, partageable et ne ressemble pas à un document militant. Il favorise le dialogue entre parents et enfants, et peut même servir de support de discussion entre générations. C’est également un outil digitalisable : les éditions papier sont souvent accompagnées de QR codes renvoyant vers des vidéos ou des plateformes de dons.

Les partis en ont bien conscience. Plutôt que de multiplier les meetings estivaux, souvent désertés, ils investissent dans ces livrets édités en nombre. Le coût est modeste pour une portée potentielle importante. Il s’agit moins de convaincre les convaincus que de provoquer un bouche-à-oreille autour d’un objet utile.

Un signe des temps

Ce retour des cahiers de vacances politiques en dit long sur l’évolution de la communication des partis. Dans un univers saturé de messages, le ludique devient un passage obligé pour capter des électeurs volatils. Mais il ne faut pas y voir une simple récréation : chaque activité est calibrée pour défendre un discours et pour ancrer quelques idées simples dans les esprits.

Reste à savoir si ce format surprendra autant au moment de la rentrée que pendant l’été. Une chose est certaine : en choisissant de publier ces cahiers, la France insoumise et Renaissance se sont livrées à une bataille originale, dans les valises et sur les tables des Français.

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