L'ancien président vénézuélien Nicolas Maduro, arrêté par l'armée américaine en janvier dernier et incarcéré à Brooklyn, a appelé au « dialogue » et au « respect mutuel » dans un message publié sur son compte Telegram officiel. Ce message intervient à la veille de négociations entre le pouvoir et l'opposition, qui doivent s'ouvrir la semaine prochaine sous supervision américaine.
« Parler d'une RENAISSANCE NATIONALE comme objectif commun, c'est parler de respect mutuel. (….) Nous saluons tout chemin de dialogue qui contribue à consolider la paix, la coexistence et la rencontre entre les Vénézuéliens », a écrit l'ancien chef de l'État depuis sa cellule.
Des négociations annoncées pour la semaine prochaine
Le pouvoir et l'opposition ont annoncé samedi que le dialogue politique au Venezuela se tiendra en « présentiel » entre les deux parties dès la semaine prochaine. Beaucoup espèrent que ces discussions, encouragées par Washington, déboucheront sur une transition politique et l'organisation d'élections.
Ce processus s'ouvre sept mois après la capture de Maduro par l'armée américaine. Depuis, son ancienne vice-présidente Delcy Rodriguez a pris les rênes du pouvoir, sous le contrôle étroit du président américain Donald Trump, qui a soutenu l'initiative de dialogue.
Maria Corina Machado absente des négociations
La cheffe de l'opposition et prix Nobel de la paix Maria Corina Machado, actuellement en exil au Panama, ne figure pas parmi les participants. Cette absence n'est pas anodine : malgré les appels de plusieurs personnalités, y compris d'anciens membres du gouvernement, elle n'a pas été invitée à prendre part aux discussions.
Le week-end dernier, Mme Machado a pris ses distances avec ce dialogue, confirmant qu'elle n'y participera pas, tout en assurant qu'elle ne s'opposera pas au processus. Son non-engagement pourrait peser sur la crédibilité des négociations, d'autant que Donald Trump a exprimé à plusieurs reprises sa satisfaction à l'égard du travail de Delcy Rodriguez.
Un procès fixé à New York en 2027
Nicolas Maduro, âgé de 63 ans, reste poursuivi aux États-Unis pour quatre chefs d'accusation, dont le narcoterrorisme. Son épouse, Cilia Flores, 69 ans, est elle aussi visée par trois chefs d'accusation. Tous deux nient les faits. L'ouverture de leur procès à New York a été programmée pour le 1er juin 2027.
Incarcéré dans une prison de Brooklyn, l'ancien président avait comparu une première fois à New York peu après sa capture lors d'une spectaculaire opération de l'armée américaine, qui avait mobilisé quelque 150 avions et hélicoptères ainsi que des troupes au sol. Il s'était alors présenté comme « un prisonnier de guerre ».
Des frais d'avocats finalement autorisés
Le gouvernement américain a finalement donné son feu vert pour que le Venezuela prenne en charge les frais d'avocats du couple. Cette autorisation avait d'abord été refusée par l'administration, qui invoquait les sanctions internationales frappant le pays pétrolier.
Outre la procédure pénale, l'ancien président doit faire face à une action en justice au civil. Les familles de cinq jeunes hommes tués au Venezuela ont déposé une plainte début juillet contre lui, l'accusant d'avoir ordonné leurs exécutions dans le cadre d'un schéma plus large de violences d'État.
Delcy Rodriguez à la tête du pays sous pression américaine
Depuis le départ de Maduro, la présidente par intérim Delcy Rodriguez gouverne sous la pression de Washington, qui affirme être aux commandes de ce pays riche en pétrole. La situation politique reste tendue, tandis que le dialogue à venir est perçu comme un test majeur pour l'avenir du Venezuela.
Le dialogue, annoncé après plusieurs semaines de tractations, sera suivi de près par la communauté internationale. Les États-Unis, qui ont orchestré la capture de Maduro, exercent un rôle central dans ce processus. Le sort de l'ex-président est également lié aux procédures judiciaires en cours, qui pourraient influencer les négociations.



