Gard : les socialistes bagnolais saisissent la commission des conflits
Gard : les socialistes de Bagnols contestent l'investiture

Le feuilleton de la désignation du candidat socialiste aux sénatoriales dans le Gard est loin d'être terminé. Les militants des sections Bagnols Ville et Bagnols Campagne ont annoncé, ce week-end, leur décision de saisir la commission nationale des conflits du Parti socialiste. Ils contestent l'investiture accordée par le bureau national au sortant Denis Bouad, alors qu'Alexandre Pissas avait remporté le vote interne organisé début juin.

Dans un texte adopté à l'unanimité lors d'une session extraordinaire, les deux secrétaires de section, Michel Paillot et Vincent Poutier, expriment leur colère. « Ce que vient de décider le bureau national du PS est réellement antidémocratique et ignoble », écrivent-ils, dénonçant la « très grave injustice » faite à Alexandre Pissas et l'« inqualifiable attitude » de Denis Bouad.

Une session extraordinaire suivie

Les deux secrétaires avaient convoqué les militants en session extraordinaire pour évoquer ce sujet, et la participation a dépassé leurs attentes. « Malgré la date et les vacances, ils sont venus nombreux », assure Michel Paillot. « Nous avons échangé plus de deux heures sur la très grave injustice dont est victime notre camarade Alexandre Pissas et l'inqualifiable attitude de Denis Bouad. Nous avons voté à l'unanimité un texte et la décision de saisir la commission nationale des conflits », détaille-t-il.

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Cette mobilisation locale témoigne d'un malaise plus profond au sein de la fédération du Gard, où les partisans d'Alexandre Pissas se disent écartés du processus de décision interne.

Un vote militant sans ambiguïté

Le vote interne organisé début juin pour départager les prétendants à l'investiture avait pourtant rendu un verdict clair. Alexandre Pissas, maire de Tresques, avait récolté 127 voix sur les 285 votants, soit près de 45 % des suffrages exprimés. Il devançait nettement Denis Bouad, crédité de 106 voix, et Joseph Pronesti, qui en avait obtenu 48.

Malgré ce résultat, le bureau national a choisi de donner son investiture au sénateur sortant Denis Bouad. Une décision qui, selon les militants bagnolais, revient à mépriser la volonté des adhérents du parti.

L'appel d'Olivier Faure

Les secrétaires de section rappellent également qu'Olivier Faure, premier secrétaire du PS, a appelé Alexandre Pissas le 2 juillet. « Il a passé plus de 20 minutes au téléphone avec lui pour lui exprimer son indiscutable respect du vote des militants », affirment-ils. Pourtant, cette marque de considération n'a visiblement pesé dans la balance finale.

Le sentiment d'une injustice

Pour Michel Paillot et Vincent Poutier, cette décision du bureau national risque d'aggraver la crise de confiance entre les militants et la direction du parti. « Cette décision va accentuer le désamour des militants et de la population pour notre parti », préviennent-ils. Ils ajoutent : « Beaucoup de militants veulent démissionner. »

Certains militants y voient une manœuvre délibérée pour affaiblir les sections de Bagnols Ville et Bagnols Campagne. « Nous sommes autorités à penser, de ce fait, si ce n'est pas définitivement ce que cherche le bureau national, afin d'affaiblir les sections de Bagnols Ville et Bagnols Campagne qui représentent un tiers des militants gardois », écrivent-ils.

Alexandre Pissas reste silencieux

Le principal intéressé, Alexandre Pissas, ne s'est toujours pas exprimé depuis l'annonce de cette décision, malgré de nombreuses sollicitations. Ce silence en dit long sur son état d'esprit. En 2020, il s'était déjà retrouvé dans une configuration semblable. Il avait alors choisi de présenter une liste dissidente et avait obtenu 118 voix, ce qui avait empêché la gauche de remporter un deuxième siège.

Les militants bagnolais, eux, ne cachent pas leur détermination. Ils mettent la pression sur la direction nationale du PS et attendent maintenant la réponse de la commission nationale des conflits. Mais le précédent de 2020 laisse planer le doute sur la suite des événements : un nouveau départ en dissidence est-il envisageable ?

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À quelques mois du scrutin, cette division interne pourrait affaiblir le camp socialiste dans le Gard. La décision de la commission nationale des conflits, attendue dans les prochaines semaines, sera décisive. En attendant, le camp d'Alexandre Pissas se mobilise et ne compte pas laisser passer cette « grave injustice ».