Jérôme Guedj dénonce une « emprise mélenchonienne » sur la direction du PS
Guedj : « emprise mélenchonienne » sur la direction du PS

Le député socialiste Jérôme Guedj a vivement critiqué la direction de son parti, dénonçant ce qu'il qualifie d'« emprise mélenchonienne » sur le Parti socialiste (PS). Dans un entretien accordé au Point, l'élu de l'Essonne a fustigé la décision de la direction du PS de ne pas voter la censure contre le gouvernement de François Bayrou, une position qu'il juge contraire aux intérêts du parti et de ses électeurs.

Une alliance critiquée avec La France insoumise

Selon Jérôme Guedj, le PS est aujourd'hui « sous emprise mélenchonienne », une situation qui le priverait de toute autonomie stratégique. Il estime que la direction du parti, menée par Olivier Faure, a cédé aux injonctions de Jean-Luc Mélenchon et de La France insoumise (LFI), au point de renoncer à ses propres positions. « Il y a une forme de soumission qui est insupportable », a-t-il déclaré, ajoutant que le PS « n'est plus un parti libre ».

Le député a notamment pointé du doigt le refus de voter la censure du gouvernement Bayrou, une décision qui, selon lui, affaiblit le PS et le réduit à un simple « satellite de La France insoumise ». Il a rappelé que cette position avait été adoptée malgré l'opposition d'une partie des élus socialistes, dont il fait partie.

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Une fracture au sein du parti

Les propos de Jérôme Guedj illustrent les tensions croissantes au sein du PS, entre les partisans d'une ligne dure d'opposition à Emmanuel Macron et ceux qui privilégient une alliance avec LFI. Cette fracture s'est accentuée depuis l'élection législative anticipée de 2024, qui a vu la formation du Nouveau Front populaire, une coalition de gauche incluant le PS, LFI, les écologistes et les communistes.

Pour Guedj, cette alliance a conduit à une « perte d'identité » du PS, qui serait désormais contraint de suivre la ligne fixée par Jean-Luc Mélenchon. Il a cité l'exemple de la motion de censure déposée par LFI contre le gouvernement Bayrou, que la direction du PS a refusé de soutenir, préférant une « abstention constructive ». « C'est une erreur politique majeure », a-t-il affirmé, estimant que cette décision « désespère les électeurs de gauche ».

Des conséquences électorales redoutées

Le député socialiste a également mis en garde contre les conséquences électorales de cette ligne. Selon lui, la soumission à LFI risque de « faire perdre des voix » au PS, notamment auprès des électeurs modérés qui pourraient se tourner vers d'autres formations. Il a évoqué les prochaines échéances électorales, notamment les municipales de 2026, pour lesquelles il craint que le PS ne puisse pas présenter de candidats crédibles s'il reste sous la coupe de La France insoumise.

Jérôme Guedj a conclu en appelant à un « sursaut » de la direction du PS, afin de retrouver une « ligne social-démocrate claire » et de « rompre avec cette emprise ».

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