Prix de la laïcité : le discours intégral de Sophia Aram au Comité Laïcité République
Discours de Sophia Aram au Comité Laïcité République

L'humoriste et chroniqueuse Sophia Aram a été distinguée, le 9 décembre 2024, par le Prix de la laïcité décerné par le Comité Laïcité République. Lors de la cérémonie qui s'est tenue à Paris, elle a prononcé un discours remarqué, mêlant défense des principes républicains et critique acerbe des dérives communautaristes et religieuses qui menacent, selon elle, le pacte républicain.

Un prix pour récompenser un engagement constant

Le Comité Laïcité République, association fondée en 1989, remet chaque année ce prix à une personnalité ou une association qui s'est illustrée par son action en faveur de la laïcité. Sophia Aram, connue pour ses chroniques sur France Inter et ses spectacles engagés, a été récompensée pour son travail de « pédagogie et de vigilance » sur le sujet, selon les mots du président du comité, Charles Conte. « Sophia Aram incarne une laïcité exigeante, celle qui ne cède rien aux pressions intégristes et qui défend sans relâche l'égalité des droits, en particulier pour les femmes », a-t-il déclaré en introduction.

Un discours sans concession

Dans son discours, Sophia Aram a remercié le comité avant de livrer une analyse sans concession de l'état de la laïcité en France. « La laïcité n'est pas une opinion, c'est le cadre qui permet à toutes les opinions de coexister pacifiquement », a-t-elle rappelé. Elle a dénoncé « la montée des obscurantismes » et « les compromissions de certains politiques » qui, selon elle, fragilisent ce principe fondamental. « On ne transige pas avec la laïcité. On ne la négocie pas contre des voix. On ne la met pas entre parenthèses pour apaiser des tensions », a-t-elle martelé, sous les applaudissements de l'auditoire.

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Sophia Aram a également évoqué les attaques dont elle est régulièrement la cible sur les réseaux sociaux, en raison de ses positions. « Recevoir ce prix, c'est un encouragement à continuer, à ne pas se taire, à ne pas céder à la peur », a-t-elle confié, visiblement émue. Elle a salué le travail des enseignants, des associations et des citoyens qui œuvrent au quotidien pour faire vivre la laïcité, « souvent dans l'indifférence générale, parfois dans l'hostilité ».

Un hommage aux victimes du terrorisme

L'humoriste a également rendu un hommage appuyé aux victimes du terrorisme islamiste, citant notamment les professeurs Samuel Paty et Dominique Bernard, assassinés pour avoir enseigné la liberté d'expression. « Leur sacrifice nous rappelle que la laïcité n'est pas un concept abstrait, mais une conquête fragile qui se défend les armes à la main, ou plutôt la craie et le livre à la main », a-t-elle déclaré. Elle a appelé à une « mobilisation générale » de la société civile pour défendre ces valeurs, face à ce qu'elle a qualifié de « totalitarisme religieux ».

Des réactions contrastées

Le discours de Sophia Aram a suscité des réactions contrastées dans la classe politique et médiatique. Si de nombreux élus et intellectuels ont salué son courage et sa clarté, d'autres, notamment issus de la gauche radicale et de certains milieux associatifs, lui ont reproché une vision « trop manichéenne » et « stigmatisante » des musulmans. Le Comité Laïcité République a, de son côté, réaffirmé son soutien total à la lauréate, estimant que ses propos étaient « parfaitement conformes à l'esprit de la loi de 1905 ».

La cérémonie s'est achevée par une minute de silence en mémoire des victimes de l'attentat de Charlie Hebdo, perpétré il y a tout juste dix ans. Sophia Aram a conclu son discours par un appel à l'unité : « La laïcité, c'est le ciment de notre République. Ne laissons personne le désagréger. »

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