Frédéric Souillot dénonce une « élection permanente » après sa réélection à la tête de FO
Souillot : « On est en élection permanente »

Frédéric Souillot, secrétaire général de Force ouvrière (FO) et réélu à la tête du troisième syndicat de France, était de passage à Montpellier en milieu de semaine. Il revient sur la polémique du 1er-Mai et précise ses ambitions pour les prochains mois.

Une réélection sans surprise

Interrogé sur sa réélection à 98% des voix, Frédéric Souillot a déclaré : « Je n’avais pas de candidat en face de moi. Pour moi, ce n’est pas l’élection la plus importante, ce qui compte c’est le rapport d’activité. » Il a souligné que ce rapport a été approuvé à 89,14%, validant ainsi la ligne syndicale des quatre dernières années.

Un rappel nécessaire de l’antiracisme

Le leader syndical a tenu à rappeler le caractère antiraciste de FO. « À partir du moment où on n’appelle pas à voter pour l’un ou contre l’autre, on a tendance à nous mettre des brassards sur les bras, LFI ou Rassemblement national. J’ai rappelé les statuts, la liberté et l’indépendance de FO. » Il a insisté sur l’opposition à toutes les politiques de rejet, qu’elles soient antisémites, racistes ou homophobes, et a appelé ses adhérents à voter pour renforcer la légitimité des urnes.

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La polémique du 1er-Mai

Frédéric Souillot a qualifié la polémique autour du caractère férié et chômé du 1er-Mai de « guéguerre entre Gabriel Attal et le Premier ministre Sébastien Lecornu ». Il a dénoncé une hérésie concernant l’interdiction faite aux boulangers et fleuristes d’ouvrir, précisant que « la seule chose c’est de ne pas faire travailler les salariés ». Selon lui, cette polémique s’inscrit déjà dans la campagne présidentielle. Il a rappelé que toutes les organisations syndicales se sont prononcées contre le pseudo-projet de loi, et que sans accord de branche, le 1er-Mai restera férié et chômé.

Priorités pour les adhérents de l’Hérault

Le secrétaire général a présenté ses priorités : « Pensez collectif dans une société qui évolue. Notre première priorité est celle d’un agenda social autonome pour parler de modèle productif à quatre quinquennats. » Il a déploré l’absence de projection à long terme, affirmant : « On est en élection permanente. Il n’y a pas de stabilité politique. » Il souhaite engager une discussion sur un modèle à 20 ans, incluant l’industrie, la réindustrialisation, l’emploi des jeunes, la formation et la protection sociale collective.

Retraites : éviter le « concours Lépine »

Frédéric Souillot a insisté sur la nécessité de reprendre la gouvernance du système de retraites par répartition. « On veut montrer que, paritairement, quand on gère les choses, on sait le faire. » Il a évoqué un accord entre les cinq organisations représentatives des salariés et les trois organisations patronales pour lancer cette discussion. « Sinon en 2027 on repart pour la foire du Trône », a-t-il prévenu.

Position sur la conférence Travail emploi retraite

Interrogé sur la conférence gouvernementale, Souillot a été clair : « Si elle renvoie vers de la négociation sociale interpro et notamment l’agenda social autonome, ça nous va. Si c’est pour écrire des lignes pour les candidats à l’élection présidentielle, ce sera sans nous. » Il a appelé à partager le diagnostic sur l’emploi des jeunes et la conditionnalité des aides publiques aux entreprises.

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