En 2023, Laurent Wauquiez, alors président de la région Auvergne-Rhône-Alpes et figure montante de la droite, avait solennellement promis de ne jamais s'allier avec Édouard Philippe, l'ancien Premier ministre d'Emmanuel Macron. Cette déclaration, rapportée par plusieurs médias, visait à marquer une différence nette entre la droite dite « traditionnelle » et la macronie. Aujourd'hui, alors que les élections présidentielles de 2027 se profilent, des discussions en coulisses suggèrent que cette alliance pourrait pourtant voir le jour.
La promesse de 2023
Lors d'une interview accordée au Figaro en juillet 2023, Laurent Wauquiez avait été catégorique : « Je ne ferai jamais alliance avec Édouard Philippe. » Il justifiait cette position par des divergences profondes sur des sujets comme la réforme des retraites ou la politique environnementale. Selon lui, Philippe incarnait une dérive centriste incompatible avec les valeurs de la droite républicaine.
Cette promesse avait été saluée par les militants LR, qui voyaient en Wauquiez un rempart contre la dilution de leur identité politique. À l'époque, il était en concurrence avec d'autres figures de droite, comme Bruno Retailleau ou Valérie Pécresse, pour conquérir l'électorat conservateur.
Un revirement stratégique
Mais les récentes révélations de Libération, en date du 2 juillet 2026, indiquent un changement de cap. Selon des sources proches des deux hommes, des négociations seraient en cours pour former une coalition en vue de la présidentielle de 2027. Cette alliance, baptisée « Union pour l'avenir », viserait à rassembler la droite et le centre droit pour faire barrage à l'extrême droite et à la gauche radicale.
Les mêmes sources précisent que Wauquiez aurait été convaincu par la nécessité de l'unité face à la montée du Rassemblement National, crédité de 32 % des intentions de vote selon un sondage Ifop de juin 2026. Philippe, de son côté, chercherait à capitaliser sur sa popularité, avec 28 % d'opinions favorables selon un baromètre Elabe.
Les réactions dans la droite
Ce rapprochement suscite des remous au sein des Républicains. Plusieurs cadres du parti, comme le député Julien Aubert, ont exprimé leur « consternation » et dénoncé un « reniement ». « Laurent Wauquiez trahit sa parole et les électeurs qui lui ont fait confiance », a-t-il déclaré à Libération. D'autres, comme le sénateur Roger Karoutchi, y voient au contraire une « nécessité politique » pour éviter une victoire de Marine Le Pen.
Selon un sondage Odoxa réalisé en juin 2026, 54 % des sympathisants LR se disent favorables à une alliance avec le parti d'Édouard Philippe, Horizons, tandis que 46 % y sont opposés. Ce clivage reflète les tensions internes qui traversent la droite française.
Les enjeux pour 2027
L'alliance potentielle entre Wauquiez et Philippe pourrait redessiner le paysage politique. Elle offrirait une alternative crédible face à la bipolarisation entre le RN et la gauche unie. Cependant, elle pose la question de l'identité de la droite : peut-elle s'allier avec un ancien Premier ministre macroniste sans perdre son âme ?
Les prochains mois seront décisifs. Wauquiez doit désormais convaincre son camp que ce virage est stratégique et non idéologique. Philippe, de son côté, devra montrer qu'il n'est pas un simple rallié de circonstance. L'issue de ces négociations sera scrutée de près par les électeurs et les observateurs.



