Ce dimanche matin, Franck Allisio, député RN des Bouches-du-Rhône et président du groupe d'extrême droite à la Région Sud, a mené près de 150 élus dans l'ascension de la Sainte-Baume jusqu'à la grotte Sainte-Marie-Madeleine. Un rendez-vous politique qu'il organise depuis 2022 et qui prend une dimension particulière à l'approche des sénatoriales de fin septembre et de la présidentielle.
Un rendez-vous politique devenu incontournable
L'ambiance était à la détente ce dimanche matin, contrairement aux années précédentes marquées par la pluie ou les interdictions de randonnée pour risques d'incendie. Baskets aux pieds, Franck Allisio a entraîné son cortège d'élus dans la montée vers la grotte Sainte-Marie-Madeleine. Un proche du député a lancé avec humour : « La prochaine fois, tu prends ton bâton à la François Mitterrand ! ».
Le député marseillais attendait même 400 personnes, dont quelques maires et députés, pour le déjeuner-pizza organisé dans sa propriété familiale de Plan-d'Aups. « C'est du jamais vu. On est victime de notre succès », a-t-il souri, qualifiant ce rendez-vous d'« amical ».
Un « alignement des planètes » pour la présidentielle
Franck Allisio croit en « un alignement des planètes », entre la météo ensoleillée du jour et l'annonce de la candidature de Marine Le Pen à la présidentielle, début juillet. Il a exprimé sa confiance en la candidate : « Marine, c'est un roc. Elle a plus d'expérience et elle est beaucoup plus sereine qu'il y a cinq ans où ça s'est joué à couteaux tirés avec Éric Zemmour. Cette fois, c'est chez les LR et la gauche qu'ils se mettent sur la gueule. »
Interrogé sur les adversaires potentiels de Marine Le Pen, le parlementaire n'a vu aucune ombre au tableau, pas même le départ surprise de François Durvye, conseiller spécial et économique de Jordan Bardella, survenu juste avant le débat du Medef jeudi. « Qui le connaissait ? », a-t-il balayé, minimisant son rôle.
Franck Allisio, qui ne dirait pas non à un poste ministériel, n'a aucun doute sur la qualification de Marine Le Pen au second tour. En revanche, il ne s'avance pas à départager Édouard Philippe et Jean-Luc Mélenchon, que les sondages donnent au coude-à-coude pour l'affronter. « Ça peut changer, temporise-t-il. Moi, j'ai connu Marine au creux de la vague. »
Les sénatoriales, « premier étage de la fusée présidentielle »
Avant cela, le représentant régional du Rassemblement national compte sur les sénatoriales de fin septembre, qu'il décrit aussi bien comme « le troisième tour des municipales » que comme « le premier étage de la fusée présidentielle ». Le député varois Frank Giletti, également délégué départemental RN et candidat au Palais du Luxembourg, a abondé : « Si on a au moins dix élus pour constituer un groupe RN-UDR au Sénat, ça marquera notre progression d'un point de vue quantitatif et ça confortera forcément Marine Le Pen. Ça sera une étape historique. » Il espère un second siège pour sa colistière Carine Leroy, adjointe à Fréjus.
Le président de la Région Sud Renaud Muselier est également dans la course, candidat dans les Bouches-du-Rhône sur la liste de la sénatrice sortante Brigitte Devésa (UDI), non sans remous. « Ses amis sont en train de le tuer, commente Franck Allisio. Chez eux, c'est sanglant. »
Interrogé sur une éventuelle candidature à la présidence de la Région, promise à François de Canson une fois actée la démission de Renaud Muselier, le chef du RN Paca a lâché : « Si ça peut être utile à mon groupe… Mais, je ne fais jamais les choses pour me faire plaisir. Et surtout, je n'aime pas la politique spectacle. »
En tête de son cortège, deux élues ont atteint la grotte Sainte-Marie-Madeleine en reprenant le refrain d'Eye of the Tiger, du film Rocky. Dans le peloton, la députée UDR Sophie Vaginay-Ricourt (Alpes-de-Haute-Provence) a résumé l'état d'esprit des troupes : « Avec toutes les embûches mises sur notre chemin, s'il n'y avait pas des valeurs et du travail, on n'en serait pas là aujourd'hui. »



