Le Rassemblement national (RN) a déposé une proposition de loi visant à sortir Marseille de la métropole Aix-Marseille-Provence, qui regroupe 92 communes au total. Cette scission, si elle aboutissait, isolerait la cité phocéenne des 91 autres communes de l'intercommunalité. La proposition a été présentée par les députés RN du département, qui estiment que la métropole actuelle est inefficace et défavorable à Marseille.
Une proposition de loi pour une sortie de la métropole
Les députés RN des Bouches-du-Rhône ont déposé une proposition de loi organique visant à permettre à Marseille de quitter la métropole Aix-Marseille-Provence. Le texte prévoit que la ville devienne une collectivité à statut particulier, avec des compétences élargies, et que les 91 autres communes forment une nouvelle intercommunalité. Cette démarche s'inscrit dans la volonté du parti de redonner plus d'autonomie aux grandes villes, tout en dénonçant la complexité administrative actuelle.
Dans l'exposé des motifs, les élus RN affirment que la métropole, créée en 2016, n'a pas tenu ses promesses de développement économique et de solidarité territoriale. Ils pointent notamment les lenteurs dans les projets de transports, comme le métro automatique, et les déséquilibres de financement entre Marseille et les autres communes. Selon eux, la sortie de Marseille permettrait de simplifier la gouvernance et de mieux répondre aux besoins des habitants.
Des réactions contrastées dans le paysage politique local
Cette proposition a suscité des réactions immédiates. Le président de la métropole, Martine Vassal (LR), a qualifié cette initiative de « dangereuse » et « irréaliste », rappelant que la métropole est un outil de solidarité entre les territoires riches et pauvres. Elle a également souligné que les 91 autres communes seraient privées de la dynamique économique de Marseille, ce qui aggraverait les inégalités.
De son côté, le maire de Marseille, Benoît Payan (PS), s'est dit « ouvert au débat » mais a insisté sur la nécessité de renforcer la coopération plutôt que de la rompre. Il a rappelé que des sujets comme la propreté, la sécurité ou le logement ne peuvent être traités efficacement qu'à l'échelle métropolitaine. Les écologistes locaux ont également dénoncé une manœuvre politique, estimant que le RN cherche à diviser pour mieux régner.
Quel impact pour les 92 communes concernées ?
Si la proposition était adoptée, les conséquences seraient majeures pour l'organisation territoriale. Marseille deviendrait une collectivité unique, avec des compétences élargies en matière de logement, de transport et de développement économique. Les 91 autres communes devraient se réorganiser en une nouvelle intercommunalité, ce qui impliquerait de nouveaux statuts et des transferts de personnels.
Les finances seraient également bouleversées : la métropole actuelle gère un budget de plus de 2 milliards d'euros, et sa répartition entre les communes devrait être renégociée. Les communes périphériques, comme Aix-en-Provence ou Aubagne, pourraient voir leurs dotations diminuer si Marseille emportait une part plus importante. À l'inverse, Marseille pourrait bénéficier de marges de manœuvre financières plus importantes, mais perdrait les mutualisations actuelles.
La proposition de loi a été renvoyée à la commission des lois de l'Assemblée nationale, où elle sera examinée dans les prochaines semaines. Les débats s'annoncent houleux, tant les positions sont divergentes. En attendant, les habitants des 92 communes suivront de près l'évolution de ce texte, qui pourrait redessiner la carte administrative de la région.



