À moins d’un an du premier tour de la présidentielle de 2027, des discussions discrètes se multiplient entre les principales figures du centre droit et du centre gauche pour constituer une coalition modérée capable de faire barrage au Rassemblement national (RN) et à La France insoumise (LFI). Selon des informations rapportées par Le Monde le 31 août 2026, Édouard Philippe, ancien Premier ministre et président du parti Horizons, et François Bayrou, président du MoDem, ont échangé à plusieurs reprises ces dernières semaines pour esquisser les contours d’une alliance inédite.
Une coalition en gestation entre Horizons et le MoDem
Les deux responsables, tous deux issus de la majorité présidentielle, partagent un constat : la fragmentation de l’offre politique au centre profite aux extrêmes. Selon un proche d’Édouard Philippe, « l’idée d’une candidature unique au centre fait son chemin », même si rien n’est encore acté. François Bayrou, de son côté, a récemment déclaré que « l’union des modérés est une nécessité historique face aux dangers qui menacent le pays ».
Ces échanges interviennent alors que les sondages donnent Marine Le Pen en tête au premier tour, avec environ 32 % des intentions de vote, et Jean-Luc Mélenchon autour de 18 %. Aucun candidat centriste ne dépasse actuellement les 12 %, selon un baromètre publié fin août. Cette situation pousse les états-majors à envisager une primaire interne ou un accord de désistement réciproque.
Des obstacles politiques et logistiques
Malgré cette convergence de vues, plusieurs obstacles demeurent. Les deux partis ne sont pas d’accord sur le périmètre de l’alliance : Horizons souhaite intégrer des personnalités issues de la droite républicaine, tandis que le MoDem privilégie une ouverture vers la social-démocratie. « Nous ne sommes pas là pour faire de la figuration, mais pour porter un projet clair », a prévenu un conseiller de François Bayrou.
Par ailleurs, la question de la candidature reste entière. Édouard Philippe, qui a déjà annoncé son intention de se présenter, bénéficie d’une avance dans les sondages parmi les électeurs du centre, avec 14 % d’intentions de vote. François Bayrou, lui, n’a pas officialisé sa candidature, mais n’exclut pas d’entrer dans la course si une dynamique se crée. Des réunions sont prévues en septembre dans les locaux de l’Assemblée nationale pour affiner les modalités d’une éventuelle coalition.
Une réponse aux attentes des électeurs modérés
Pour les partisans de cette union, l’enjeu est double : offrir une alternative crédible aux électeurs déçus par la macronie et contrer la polarisation incarnée par le RN et LFI. Selon un sondage Ifop relayé par Le Monde, 61 % des électeurs se déclarant proches du centre estiment qu’une coalition modérée augmenterait leurs chances de l’emporter en 2027.
Les discussions devraient s’intensifier à l’automne, avec l’organisation de plusieurs rencontres publiques entre les deux camps. D’ici là, les états-majors planchent sur un programme commun portant sur la transition écologique, la réforme des retraites et la sécurité. « L’union ne se décrète pas, elle se construit », a conclu un proche d’Édouard Philippe, alors que les prochaines semaines s’annoncent décisives pour l’avenir du centre politique français.



