Présidentielle 2027 : le bilan Macron, un lourd héritage pour Attal et Philippe
Présidentielle 2027 : l'héritage Macron pèse sur Attal et Philippe

À un an de l'élection présidentielle de 2027, le bilan d'Emmanuel Macron, jugé contrasté par l'opinion, s'impose comme un lourd héritage pour ses héritiers potentiels, Gabriel Attal et Édouard Philippe. Selon un sondage Ifop pour Le Monde réalisé les 20 et 21 août, 58 % des Français estiment que le bilan du président sortant est négatif, tandis que 42 % le jugent positif. Ce bilan, marqué par des réformes majeures mais aussi par des crises sociales et une perte de confiance, conditionne les stratégies des prétendants à la succession.

Des réformes emblématiques mais un rejet persistant

Le quinquennat d'Emmanuel Macron a été marqué par des réformes structurelles : la loi travail, la baisse de l'impôt sur les sociétés, la réforme des retraites de 2023, ou encore la création de l'assurance chômage. Ces mesures, défendues comme nécessaires pour moderniser l'économie française, sont toutefois perçues par une majorité de Français comme favorisant les plus aisés. Le mouvement des Gilets jaunes en 2018, puis la contestation contre la réforme des retraites, ont cristallisé cette défiance. Selon le même sondage, 64 % des personnes interrogées estiment que le président a « plutôt mal » géré la question de la justice sociale.

Gabriel Attal et Édouard Philippe face au défi de la continuité

Pour Gabriel Attal, ancien premier ministre et figure de la majorité, l'héritage macroniste est un atout autant qu'un fardeau. Il revendique la poursuite des réformes, notamment sur le travail et l'éducation, mais doit composer avec une popularité en berne du président sortant. Édouard Philippe, ancien chef du gouvernement et maire du Havre, adopte une ligne plus distanciée, mettant en avant son bilan local et sa capacité à rassembler au-delà de la majorité. Selon un conseiller de la majorité cité par Le Monde, « ils savent tous les deux que le bilan sera au centre de la campagne, mais ils l'abordent différemment : Attal assume, Philippe s'en émancipe ».

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Un héritage politique lourd pour la majorité

Le bilan d'Emmanuel Macron pèse également sur la majorité parlementaire, qui cherche à éviter une défaite annoncée. Les élections européennes de 2024 ont montré un recul de la majorité, et les législatives de 2025 ont réduit sa représentation à une minorité relative. Les candidats potentiels devront donc incarner une rupture tout en préservant l'héritage des réformes, un équilibre délicat. L'ancienne ministre de la Santé, Agnès Buzyn, a déclaré dans une interview à Le Monde que « le bilan est là, mais il faut savoir le défendre sans arrogance, et surtout proposer une vision pour l'avenir ».

Les prochains mois s'annoncent décisifs : les primaires à gauche et à droite, la montée des extrêmes, et la question de l'unité de la majorité. Selon le sondage, 71 % des Français souhaitent que le prochain président « change profondément » la politique menée depuis 2017. Ce chiffre illustre l'ampleur de la tâche pour Gabriel Attal, Édouard Philippe ou tout autre candidat issu de la majorité. Ils devront convaincre les électeurs que l'héritage macroniste est une base solide, et non un poids, pour relever les défis économiques, sociaux et environnementaux. La campagne s'annonce rude, et l'issue reste incertaine, mais une certitude demeure : le bilan d'Emmanuel Macron sera au cœur des débats.

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