À moins de deux ans de l'élection présidentielle de 2027, les syndicats français affichent leur inquiétude face à la progression du Rassemblement national (RN) et tentent de s'organiser pour contrer ce parti. Ils s'appuient notamment sur les exemples de pays dirigés par l'extrême droite, où ils constatent des reculs sociaux significatifs.
Une mobilisation syndicale inédite contre le RN
Plusieurs organisations syndicales, dont la CGT, la CFDT, l'UNSA et la FSU, ont appelé à une journée de mobilisation le 27 septembre prochain. Cette initiative vise à alerter l'opinion publique sur les dangers qu'ils perçoivent dans une éventuelle arrivée au pouvoir du RN. Selon les syndicats, les politiques menées par les gouvernements d'extrême droite en Europe, notamment en Hongrie, en Pologne et en Italie, ont entraîné une dégradation des droits des travailleurs, une baisse du pouvoir d'achat et un affaiblissement des services publics.
« Nous ne voulons pas que la France connaisse le même sort que ces pays, explique un responsable syndical. Les reculs sociaux y sont réels et profonds. Il est de notre devoir de tout mettre en œuvre pour empêcher que cela se produise ici. » Cette prise de position marque une évolution dans la stratégie des syndicats, qui ont longtemps hésité à prendre position sur le plan politique. Désormais, ils entendent peser de tout leur poids dans le débat public.
Des exemples européens qui inquiètent
Les syndicats pointent notamment la situation en Hongrie, où le gouvernement de Viktor Orbán a considérablement restreint le droit de grève et affaibli la négociation collective. En Pologne, le parti Droit et Justice (PiS) a également été critiqué pour ses réformes du droit du travail et sa politique de privatisation des services publics. En Italie, le gouvernement de Giorgia Meloni a engagé une réforme des retraites qui pénalise les travailleurs les plus modestes.
Les syndicats français estiment que ces exemples démontrent que l'extrême droite, une fois au pouvoir, met en œuvre des politiques libérales et autoritaires qui nuisent aux travailleurs. Ils appellent donc à une large mobilisation citoyenne pour faire barrage au RN lors de la prochaine échéance électorale.
Un appel à l'unité du monde du travail
Les organisations syndicales appellent à l'unité du monde du travail et à la construction d'un front commun contre le RN. Elles espèrent que cette journée de mobilisation du 27 septembre sera un succès et qu'elle marquera le début d'une série d'actions destinées à faire entendre la voix des travailleurs dans la campagne présidentielle.
« Nous devons être plus que jamais unis, souligne une représentante de la CFDT. Les travailleurs ont tout à perdre si l'extrême droite accède au pouvoir. Nous devons leur montrer les conséquences concrètes de ces politiques, comme la casse du code du travail, la remise en cause des protections sociales et la stigmatisation des plus vulnérables. »
Les syndicats comptent également sur le soutien des associations et des mouvements citoyens pour amplifier leur message. Ils prévoient d'organiser des débats publics, des rencontres avec les salariés et des actions de sensibilisation dans les entreprises et les services publics.
Cette mobilisation intervient alors que les sondages placent le RN en tête des intentions de vote pour la présidentielle de 2027, avec environ 30 % des voix au premier tour. Les syndicats espèrent inverser cette tendance et convaincre une majorité d'électeurs de se tourner vers des candidats défendant des valeurs de solidarité et de justice sociale.



