Gaz : hausse de 7,3 % en septembre, jusqu'à 100 € de plus par an
Gaz : hausse de 7,3 % en septembre, 100 € de plus par an

Le prix repère du gaz (PRVG) augmente de 7,3 % en septembre pour les foyers chauffés au gaz. Cette hausse, la plus forte depuis la création de cet indicateur en 2023, se traduira par une facture annuelle en hausse de près de 100 euros pour un ménage moyen. Le blocage du détroit d'Ormuz et le faible niveau des stocks européens en sont les principales causes.

Une hausse de 7,3 % pour le chauffage, 5,7 % pour la cuisson

Selon l'étude menée par Olivier Robert, analyste Data chez Papernest, le prix de vente repère du gaz augmente de 7,3 % entre août et septembre pour une utilisation en mode chauffage, et de 5,7 % pour une consommation axée sur la cuisson et l'eau chaude. Concrètement, le prix du kWh de chauffage passe de 0,12558 € en août à 0,13474 € en septembre 2026. Pour la cuisson et l'eau chaude, il passe de 0,15848 € à 0,16757 €. C'est la première fois depuis la création du PRVG en 2023 que le prix du kWh de gaz atteint un tel niveau.

Les causes : Ormuz, stocks et canicule

Jacques Percebois, économiste à l'Université de Montpellier et directeur du Centre de recherche en économie et droit de l'énergie (CREDEN), rappelle que le prix du gaz se compose de trois éléments : l'importation (36 %), l'entretien du réseau (34 %) et les taxes (30 %). Si les taxes ne devraient pas augmenter, les deux autres composantes sont en hausse. La part la plus importante de cette hausse provient de l'approvisionnement. Le détroit d'Ormuz étant bloqué, le Qatar et les Émirats arabes unis ne peuvent plus approvisionner l'Asie ni l'Europe. De plus, les stocks européens sont à 61 % de leur capacité, alors qu'ils devraient être à 75 %, selon l'économiste. La canicule a poussé les Européens à puiser dans les stocks pour produire de l'électricité, car les centrales hydroélectriques manquaient d'eau et les éoliennes de vent. EDF a même annoncé des interruptions de centrales nucléaires.

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Impact sur les ménages : près de 100 € de plus par an

Olivier Robert estime qu'avec un PRVG fixé à 52 € du kWh, la hausse est de près de 8 euros par mois, soit un peu moins de 100 euros par an. Pour un foyer chauffé au gaz avec une consommation moyenne de 11 200 kWh/an, la facture atteint 1 869,88 € contre 1 767,29 €, soit une augmentation de 102,59 €. Pour un ménage utilisant le gaz principalement pour cuisiner et se laver (entre 2 000 et 4 000 kWh/an), la hausse est estimée à 36 euros sur une année.

Des perspectives incertaines et des solutions limitées

Jacques Percebois indique que les prix pourraient continuer de grimper selon la dureté de l'hiver et l'écoulement des stocks. L'Europe se prépare à ne plus acheter de gaz à la Russie au 1er janvier prochain, et les États-Unis, qui fournissent actuellement 27 % du gaz européen, pourraient donner la priorité à leur propre marché pour refroidir les data centers nécessaires à l'intelligence artificielle. Face à cette situation, Olivier Robert conseille de comparer les offres des fournisseurs et de privilégier, si possible, une offre à prix fixe. Le prix donné au moment de la création du contrat ne peut alors pas bouger, sauf à la baisse. Il rappelle que le consommateur peut se désengager de son fournisseur à tout moment, sans notion d'engagement. On recense près de 45 offres de gaz et 75 pour l'électricité sur cette fin août, disponibles sur le site du gouvernement.

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