François Hollande a profité du week-end des 29 et 30 août pour amorcer son retour politique en vue de la présidentielle de 2027. L'ancien chef de l'État s'est d'abord rendu à Blois, où se tenaient les universités d'été du Parti socialiste, avant de gagner Sens pour un débat avec Édouard Philippe. Une campagne informelle, entre humour et stratégie, qui vise à recréer un clivage droite-gauche et à s'imposer comme le meilleur rempart contre Marine Le Pen.
Une première étape aux portes du PS à Blois
Vendredi 28 août, sous une pluie battante, François Hollande a fait une apparition remarquée aux abords de la Halle aux grains de Blois, où les militants socialistes étaient réunis pour leurs universités d'été. Une première depuis la campagne de 2012. À un journaliste qui lui lançait « La pluie, c'est un signe ? », il a répondu avec un sourire : « Oui, toujours le même ! », laissant entendre qu'il y voyait un présage favorable pour un retour à l'Élysée.
L'ancien président n'avait plus honoré ce rendez-vous depuis 2012, conscient de n'être pas le bienvenu. Mais cette année, presque candidat, il ne pouvait plus tergiverser. Souligner ses liens avec le PS devenait essentiel, sans toutefois s'en approcher de trop près pour éviter les huées. La réconciliation n'est en effet pas encore à l'ordre du jour. Un jeune militant explique : « La situation de la gauche aujourd'hui qui est éclatée façon puzzle, c'est de sa faute. Et le tournant macroniste, de sa faute aussi. » Une élue abonde : « Il y a eu des erreurs politiques et je regrette qu'il ne se soit pas prêté à un bilan. Désormais, je l'invite à participer à la primaire. »
Un rendez-vous avec les militants et un débat à Sens
Le soir même, au bar Le Mimosa, François Hollande a reçu une centaine, peut-être 200, de militants qui lui sont proches, lors d'un rendez-vous fermé à la presse. Un exercice de style pour se faire un peu candidat. Le lendemain, direction Sens, dans l'Yonne, où il a été invité par Jean-Michel Blanquer pour débattre avec Édouard Philippe. Son entourage explique : « C'est un rendez-vous important qui va lui permettre de montrer qu'il est de retour dans l'arène tout en restant au-dessus de la mêlée. En débattant avec Édouard Philippe, il veut marquer un changement de posture et recréer le clivage droite-gauche. »
Durant plus d'une heure, les deux hommes ont évoqué la crise de la dette, l'immigration, l'Europe et la prochaine présidentielle. Édouard Philippe a lancé, avec un sourire : « Il y a des candidats qui n'osent pas dire qu'ils le sont », en visant son interlocuteur. François Hollande, imperturbable, a répondu : « La question est : est-ce que je peux être utile compte tenu de la situation ? J'attendrai décembre pour donner la réponse. »
Un livre et une interview pour structurer la campagne
Ce premier week-end de campagne a été orchestré autour de la sortie de son ouvrage « Unir » et d'une interview fleuve dans Le Point. De quoi occuper le terrain médiatique, mais être présent dans la presse ne peut suffire. L'ancien président a donc multiplié les contacts sur le terrain, tout en restant prudent sur ses intentions. Il a insisté : « Un rassemblement devra s'opérer à la fin de l'année. Il y aura un moment de vérité. J'ai écrit un livre, j'ai fait des propositions… Nous verrons comment elles peuvent rassembler. »
Son entourage ajoute : « La question désormais va être : qui est le mieux placé pour battre Marine Le Pen au second tour ? » Une stratégie qui vise à le positionner comme le candidat de la gauche capable de rassembler, comme le souligne Anaïs, militante parisienne : « Hollande n'est pas le pire, il est mieux que Glucksmann car je pense qu'il est beaucoup plus capable de rassembler. »
Sébastien Lecornu écarte toute candidature
Dans un entretien publié samedi sur le site du Parisien, le Premier ministre Sébastien Lecornu a réaffirmé avec force : « Comme je l'ai déjà dit à plusieurs reprises, je ne suis pas candidat à l'élection présidentielle. » Il a martelé, en tapant du poing sur la table : « Je ne sais pas dans quelle langue il faut que je le dise ! Le gouvernement est un gouvernement de mission, pas un gouvernement en campagne ! » Il a également assuré : « Je ne me mêle pas de la campagne présidentielle. » L'hôte de Matignon a par ailleurs promis de faire adopter un budget cet automne et de ne pas augmenter les impôts.
François Hollande, lui, a donné rendez-vous en décembre pour une réponse définitive. D'ici là, il devrait continuer à tester son discours et à sonder les soutiens, entre sorties médiatiques et rencontres de terrain, pour préparer un éventuel retour au premier plan de la vie politique française.



