Primaire à gauche : Glucksmann veut verrouiller le processus
Primaire à gauche : Glucksmann veut verrouiller le processus

Raphaël Glucksmann, encore non déclaré candidat à la présidentielle, intensifie ses négociations avec le Parti socialiste (PS) pour verrouiller les modalités d'une primaire sociale-démocrate qui lui serait favorable. Les discussions entre son parti, Place publique, et le PS ont repris durant l'été, avec l'objectif d'un accord avant les journées d'été du PS à Blois, fin août, où se rendra Glucksmann. L'accord doit être finalisé avant le 25 août, date d'un conseil national du PS, et une assemblée politique nationale de Place publique devrait l'entériner le même jour. L'enjeu principal porte sur les conditions de vote et de candidature à cette primaire.

Un corps électoral restreint taillé pour Glucksmann

Glucksmann, qui s'était donné trois mois début juin pour convaincre le PS et se déclarer, n'a jamais été partisan de ce mode de départage. Mais la tournure des événements semble jouer en sa faveur. Olivier Faure, patron du PS, qui souhaitait une primaire « ouverte » aux sympathisants via une faible cotisation, a été mis en minorité par les militants socialistes le 9 juillet. Ces derniers ont opté pour une « primaire fermée », réservée aux adhérents du PS et des « organisations politiques se reconnaissant comme faisant partie du pôle socialiste », comme Place publique. Ce corps électoral restreint est plus favorable à Glucksmann, qui tente d'accentuer cet avantage avec l'aide des anti-Faure du PS. Les contours de la primaire, prévue en octobre, se dessinent progressivement.

Cotisation de 15 euros et pôle social-démocrate

Pourraient voter les militants socialistes et de Place publique « à jour de cotisation », ainsi que les personnes adhérant à un « pôle social-démocrate », une structure tierce pour ceux qui ne veulent pas adhérer à un parti, a expliqué Jérôme Auslender, membre de Place publique, participant aux négociations avec Glucksmann et Aurore Lalucq. La cotisation serait de 15 euros (10 euros pour les plus démunis). Ce tarif est jugé trop élevé par les deux candidats déclarés, Philippe Brun et Ségolène Royal, qui y voient un suffrage « censitaire ». Le sénateur PS Alexandre Ouizille, dans un courrier, a critiqué ceux qui « abîment un processus à peine né », rappelant qu'il ne s'agit pas d'une primaire où l'on peut voter en payant 15 euros le jour du vote. Il faudra adhérer à un parti ou au « pôle social-démocrate », dont les membres « deviendront des militants de notre campagne ». Jérôme Auslender prédit beaucoup de nouveaux adhérents. Les dates de la primaire (a priori les 9-10 et 16-17 octobre), la date limite du 15 septembre pour se déclarer candidat, et les parrainages d'élus nécessaires semblent faire consensus.

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Une charte des valeurs pour exclure LFI

Reste la question de la charte des valeurs réclamée par Place publique. Une première proposition a été envoyée, incluant des engagements sur les questions sociales, écologiques, internationales (soutien à l'Ukraine), et sur la lutte contre le racisme et l'antisémitisme. Elle exclut aussi « toute forme d'accord avec LFI », y compris aux législatives. « Cette charte définit notre identité et notre périmètre politique. Il s'agit de poser des bases durables, claires et solides de la refondation de la gauche écologiste et démocrate », insiste Jérôme Auslender, pour qui il n'est « pas question de refaire le Nouveau Front populaire ». Place publique attend les réponses du PS, dont le patron Olivier Faure, artisan du rapprochement avec les Insoumis, a depuis pris ses distances, mais a laissé faire quelques alliances locales lors des dernières municipales, ce qui lui a été reproché en interne et par Glucksmann lui-même.

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