Mélenchon en meeting à Marseille contre le RN, tensions à gauche avant les municipales
Mélenchon à Marseille contre le RN, tensions à gauche

Jean-Luc Mélenchon en meeting à Marseille pour contrer le RN

Dans la dernière ligne droite des élections municipales de 2026, Jean-Luc Mélenchon s'est rendu à Marseille samedi 7 mars pour un meeting de soutien à Sébastien Delogu, candidat insoumis. Face à une salle comble, le leader de La France Insoumise (LFI) a posé son camp en rempart contre le Rassemblement National (RN), dans une campagne qui prend des allures de préfiguration pour la présidentielle de 2027.

Une bataille serrée à Marseille

À huit jours du premier tour prévu le 15 mars, les enjeux sont particulièrement aigus à Marseille, où le candidat RN Franck Allisio est au coude-à-coude avec le maire sortant de gauche Benoît Payan. La possibilité d'une victoire du parti lepéniste, bien que non acquise, fait de la deuxième ville de France l'une des plus scrutées du pays.

Benoît Payan, à la tête d'une coalition de gauche, a appelé son rival insoumis Sébastien Delogu à éviter ce qu'il qualifie de « séisme » en se désistant pour lui entre les deux tours. « Marseille ne sera pas emportée par la vague brune » et « ce sera grâce à nous », a répondu Jean-Luc Mélenchon lors du meeting.

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Critiques envers l'extrême droite et le PS

Dans son discours, Jean-Luc Mélenchon a longuement fustigé l'extrême droite, ciblant particulièrement Jordan Bardella, président du RN, venu à Marseille la veille. Il a comparé ses positions vis-à-vis de Donald Trump à celles du maréchal Pétain, affirmant : « Tel était Pétain, tel est Bardella quand il dit “l'intérêt commercial et stratégique s'impose pour les États-Unis d'Amérique” ».

Le leader insoumis a ensuite critiqué le Parti socialiste (PS), accusant sa ligne politique de mettre « tout le monde en grand danger ». « Nous vous crions alerte, alerte ! La ligne du Parti socialiste met tout le monde en grand danger. La gauche, mais la France d'abord », a-t-il déclaré, estimant que le PS « livrerait pour finir à l'extrême droite ».

Polémiques et accusations d'antisémitisme

Le PS a réagi vivement, accusant Jean-Luc Mélenchon d'avoir tenu des « propos antisémites » lors d'une plaisanterie sur la prononciation des patronymes juifs « Epstein » et « Glucksmann ». Olivier Faure, premier secrétaire du PS, a déclaré au Parisien : « Qui peut croire qu'il s'agisse de lapsus quand un homme aussi cultivé se met à ironiser sur des noms juifs ? ».

Il a ajouté que par ses « outrances » et ses « mensonges », « Jean-Luc Mélenchon donne des arguments » aux adversaires de la gauche, franchissant selon lui « l'inacceptable ». Ces tensions creusent le fossé entre les partis de gauche, rendant les alliances de second tour incertaines.

Alliances de second tour : des mariages de raison

Malgré ce climat tendu, les partis n'ont pas fermé la porte à des accords pour le second tour du 22 mars. Si un accord national a été écarté par le PS, des arrangements au cas par cas restent envisageables sous conditions. Ces « mariages de raison » pourraient s'avérer nécessaires dans plusieurs villes.

  • À Toulouse, l'union de gauche de François Briançon aura probablement besoin des voix LFI pour l'emporter.
  • À Lyon, le maire écologiste Grégory Doucet a déjà tendu la main à la gauche radicale, son seul espoir de conserver la ville.
  • Les Insoumis ont assuré vouloir le « rassemblement » s'ils arrivent en tête, mais ce scénario est peu probable dans la plupart des villes.

Enjeux locaux et ambitions nationales

Les Insoumis fondent leurs espoirs de conquête sur quelques villes comme Evry, La Courneuve et surtout Roubaix. Dans cette ville du Nord, un sondage Ifop publié samedi donne le député LFI David Guiraud nettement en tête avec 44% au premier tour, favori du second tour quelle que soit la configuration. Roubaix, avec 98 000 habitants, pourrait ainsi devenir la plus grande commune gérée par le parti mélenchoniste.

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À l'autre bout du spectre, le RN vise des victoires dans plusieurs dizaines de communes pour concrétiser son implantation locale. Les sondages lui donnent des raisons d'y croire, notamment à Toulon, Menton ou Carcassonne. Jordan Bardella, favori des sondages pour 2027, multiplie les déplacements de campagne.

Cependant, le parti n'a pas entièrement éliminé les « brebis galeuses », plusieurs candidats ayant été épinglés pour des propos racistes ou homophobes ces derniers mois.

D'autres villes sous tension

Le camp présidentiel, sans grande présence locale, jouera un rôle de figurant dans ces élections, ses chefs de file nationaux ayant peu fait campagne. La course est serrée dans de nombreuses villes :

  • À Paris, les dynamiques d'entre-deux tours départageront Emmanuel Grégoire, leader de la gauche hors LFI, et Rachida Dati (LR et MoDem).
  • Pour l'ancien premier ministre Édouard Philippe, la victoire dans sa ville du Havre est cruciale, liant son destin national et sa candidature pour 2027.
  • Éric Ciotti testera le pouvoir d'attraction de son Union des droites, alliée au RN, en tentant de détrôner Christian Estrosi à Nice.

Ces municipales 2026, marquées par les tensions à gauche et la montée du RN, dessinent déjà les contours de la future bataille présidentielle, avec des enjeux locaux qui résonnent à l'échelle nationale.