Italie : Meloni reconnaît son échec au référendum judiciaire mais maintient son gouvernement
Meloni échoue au référendum mais reste Première ministre

Italie : un revers politique majeur pour Giorgia Meloni après l'échec du référendum

La Première ministre italienne Giorgia Meloni a essuyé ce lundi un échec politique retentissant avec la victoire du « non » au référendum sur la réforme judiciaire qu'elle avait personnellement portée. Malgré ce revers significatif, la dirigeante d'extrême droite a immédiatement confirmé qu'elle n'avait aucune intention de démissionner et maintenait son engagement à poursuivre son mandat.

Un résultat sans appel pour le gouvernement

Après le dépouillement des bulletins dans plus de 90% des bureaux de vote, le « non » a obtenu près de 54% des suffrages, contre 46% pour le « oui ». Une participation électorale de plus de 58% a été enregistrée, dépassant largement les prévisions initiales et donnant une légitimité incontestable au résultat.

« Les Italiens ont tranché. Et nous respectons cette décision », a déclaré Giorgia Meloni dans une vidéo publiée sur le réseau social X. « Mais cela ne change rien à notre engagement de continuer, avec sérieux et détermination, à œuvrer pour le bien de la nation et à honorer le mandat qui nous a été confié. »

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Une réforme constitutionnelle rejetée

Le référendum, organisé dimanche et lundi, visait à modifier la Constitution italienne pour :

  • Séparer les carrières des juges et des procureurs
  • Transformer le fonctionnement du Conseil supérieur de la magistrature (CSM)
  • Modifier l'organe de contrôle des magistrats

Le gouvernement présentait ces mesures comme indispensables pour garantir l'impartialité du système judiciaire italien. L'opposition y voyait quant à elle une tentative de mainmise du pouvoir exécutif sur le pouvoir judiciaire, critiquant le fait que la réforme n'abordait pas les problèmes structurels comme la lenteur des procédures ou la surpopulation carcérale.

Conséquences politiques immédiates

Ce résultat constitue un coup dur pour Mme Meloni, qui dirige depuis octobre 2022 un gouvernement de coalition remarquablement stable. Daniele Albertazzi, professeur de sciences politiques à l'université de Surrey, analyse : « C'est un très mauvais résultat. Cela signifie qu'elle a perdu le soutien de l'électorat italien sur un point majeur de son programme et sur l'une des propositions phares de la droite depuis 30 ans. »

Le professeur ajoute que « l'image d'invincibilité de Mme Meloni n'est plus d'actualité », même si cela ne présage pas nécessairement d'une défaite aux prochaines élections législatives prévues pour l'automne 2027.

Réactions contrastées dans la classe politique

Giuseppe Conte, leader du Mouvement 5 Étoiles (M5S) dans l'opposition, s'est réjoui du résultat sur X : « Nous l'avons fait ! Vive la Constitution ! » Lors d'une conférence de presse ultérieure, il a qualifié ce vote d'« avis d'expulsion lancé à ce gouvernement, après quatre ans », estimant que son mouvement avait désormais « le droit de jouer un rôle de premier plan dans cette nouvelle saison politique ».

Du côté de la majorité, Galeazzo Bignami, chef du groupe Fratelli d'Italia à la Chambre des députés, a rappelé que « le référendum n'aurait aucune incidence sur le sort du gouvernement », confirmant ainsi la ligne défendue par l'exécutif.

Perspectives pour l'avenir du gouvernement

Lorenzo Castellani, professeur à l'université romaine Luiss, anticipe des conséquences significatives : « Le gouvernement devra essayer de tenir le coup face à cette situation et Meloni en ressortira certainement affaiblie. Je pense qu'elle tentera de modifier la loi électorale, comme elle essayait déjà de le faire, puis d'organiser des élections dès que possible, ce qui pourrait signifier des élections début 2027. »

Les analystes politiques soulignent que les prochaines élections législatives approchent rapidement et que le centre-gauche pourrait avoir ses chances s'il parvient à présenter un front uni face à une majorité affaiblie par ce revers référendaire.

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