Marine Le Pen perd un allié précieux avec la défaite de Viktor Orban en Hongrie
Le RN perd un allié avec la défaite d'Orban en Hongrie

La défaite d'Orban : un revers stratégique pour le Rassemblement National

C'est une image que Marine Le Pen, si elle se présente à la prochaine élection présidentielle, ne mettra certainement pas en avant sur ses affiches de campagne : on la voit rayonnante alors que Viktor Orban, évincé du pouvoir par les électeurs hongrois dimanche dernier, lui baise la main. Il serait trop long, et quelque peu fastidieux, de reprendre tous les discours où la double finaliste à l'élection suprême en France couvre de louanges son ami Orban.

Une alliance stratégique mise à mal

Celui-ci, en retour, avait assuré que si son amie remportait la présidentielle de 2027, son programme consisterait à boire « des magnums de champagne ». Pour résumer, le pas de deux entre les deux chefs de file antieuropéens fonctionnait à merveille jusqu'à dimanche dernier. C'est ce qu'on pourrait appeler le souverainisme sans frontières.

Depuis trente-six heures, la situation est devenue plus compliquée. Pour le perdant, bien entendu, mais aussi pour ses alliés les plus zélés. Marine Le Pen s'est donc insurgée, ce lundi, contre « la satisfaction exprimée par la Commission européenne qui n'a eu de cesse d'outrepasser ses prérogatives et ses compétences au détriment du pouvoir des peuples devrait inquiéter les Hongrois sur la persistance de cette liberté chèrement défendue depuis des années ».

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La défense d'un allié controversé

Pour elle, le fait que Viktor Orban, qu'elle était allée soutenir publiquement à Budapest pendant la campagne électorale, ait accepté de rendre les clés du pouvoir suffit à démontrer que la Hongrie n'est pas une dictature. Quant à Jordan Bardella, il côtoie les élus du parti Fidesz - celui d'Orban - largement distancé dimanche soir, dans son groupe au Parlement européen.

L'idée qu'ils partagent depuis longtemps consiste à dynamiter l'Union européenne de l'intérieur. Dans ce dessein, celui qui a régné sur la Hongrie de 2010 à aujourd'hui était un allié précieux, sinon indispensable, présenté comme « un emblème de la résistance d'un peuple fier et souverain à l'oppression » exercée par l'Union européenne.

Le problème des oxymores et antiphrases

Le problème, pour les deux têtes du RN, c'est que la défaite de leur ami Viktor traduit avant tout le désaveu de sa stratégie hostile à l'Europe. Reste à savoir si les oxymores et antiphrases, armes verbales bien acérées des populistes, vont disparaître à leur tour. Orban n'hésitait pas à parler du « fascisme libéral » pour évoquer l'Europe de l'ouest, comme le souligne Frédéric Martel dans son excellent ouvrage Occidents (Plon).

En France, les thuriféraires du populisme ultra-droitier adorent employer l'expression « extrême centre » pour désigner les partis qui soutiennent l'exécutif. Il s'agit d'une formule qui retient l'attention justement parce qu'elle n'a aucun sens. On peut faire de nombreux reproches aux centristes, mais certainement pas celui d'être extrémistes !

Quand il est question de défendre « la liberté d'expression » qui aurait régné à Budapest pendant seize ans, selon le vice-président américain J.D. Vance, il suffit de songer à l'interdiction de la Gay Pride ou aux mesures de contrôle des médias pour savoir à quoi s'en tenir. La défaite d'Orban représente donc un tournant significatif dans les alliances politiques européennes et un défi majeur pour la stratégie du Rassemblement National.

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