Le président du Sénat, Gérard Larcher, a déclaré lundi 19 octobre dans une interview au Figaro que la question de l’interdiction de La France insoumise (LFI) « peut être posée », après les violences qui ont marqué les manifestations en France samedi. Il pointe la responsabilité du parti dans le « discours de haine » et suggère également l’instauration de l’état d’urgence.
Une responsabilité dans le « discours de haine »
Interrogé sur une éventuelle dissolution de LFI, mesure prônée notamment par le président des Républicains, Bruno Retailleau, Gérard Larcher a rappelé que « nous avons pu dissoudre Génération identitaire (groupuscule d’ultradroite) et La Jeune Garde (mouvement d’ultragauche) ». Il reconnaît que LFI est « un parti politique qui concourt à l’expression de la nation », mais ajoute : « Il tient une grande part de responsabilité dans le discours de haine. Je pense que la question peut être posée. »
Le sénateur des Yvelines a également mis en garde : « Attention à ceux qui ont alimenté un discours de haine. En voulant tout conflictualiser, ils créent une situation de tension extrême dans le pays. Attention à ceux qui cherchent l’insurrection. » Il a rappelé les propos du maire de Saint-Denis, Bally Bagayoko, qui avait jugé la violence parfois « légitime ».
L’état d’urgence et la journée du 5 novembre en question
Gérard Larcher estime aussi que « la question de l’état d’urgence mérite d’être posée ». Il suggère de « réfléchir au maintien de la journée du 5 novembre », journée de grèves et de manifestations à l’appel d’une intersyndicale CFDT-CGT-FO-Unsa-FSU.
Le président du Sénat fait part de sa « honte » et de sa « colère » face aux violences du week-end, et juge que « notre politique sécuritaire a été mise en échec ». Il critique sévèrement l’attitude du chef de l’État, qui s’est envolé pour les pays du Golfe après une allocution télévisée, afin de sécuriser des volumes de carburant pour faire baisser les prix à la pompe. « J’attendais de sa part des mesures concrètes et immédiates, et non un commentaire », a-t-il taclé. « Quant à son déplacement dans les pays du Golfe, je pense que le chef de l’État doit être présent lorsque les difficultés du pays sont au niveau que nous connaissons. »
Depuis le début du mouvement lycéen, plusieurs élus LR ont proposé de dissoudre LFI. Les violences du 17 octobre ont notamment conduit à l’interpellation d’un homme de 40 ans, fiché S et soupçonné d’être lié à l’incendie de la mairie de Limoges, ainsi qu’à l’annonce de nouveaux couvre-feux par Sébastien Lecornu.