Le Parlement hongrois a élu, mardi 11 août 2026, András Baka, un opposant au premier ministre Viktor Orbán, au poste de président de la République. Cette élection marque une rupture historique : c'est la première fois depuis 2010 qu'un candidat non soutenu par le parti Fidesz accède à la plus haute fonction de l'État.
Un scrutin serré au Parlement
András Baka, juriste de profession et figure de la société civile, a recueilli 137 voix sur 199 votants. Il devance ainsi le candidat du parti au pouvoir, qui n'a obtenu que 62 suffrages. Cette majorité, bien que mince, a suffi pour franchir le seuil requis lors du troisième tour de scrutin.
L'élection s'est déroulée dans un climat tendu. Les députés de l'opposition, qui soutenaient majoritairement András Baka, ont salué une victoire pour la démocratie. De son côté, le parti Fidesz a dénoncé une « manœuvre politicienne » et a promis de contester le résultat devant la Cour constitutionnelle.
Un parcours marqué par l'engagement civique
Âgé de 58 ans, András Baka est connu pour son engagement en faveur de l'État de droit. Ancien juge à la Cour suprême, il avait été écarté en 2012 lors d'une réforme judiciaire controversée. Depuis, il est devenu une figure de proue de l'opposition extra-parlementaire, multipliant les tribunes contre le gouvernement Orbán.
Dans son premier discours après son élection, il a déclaré : « Je serai le président de tous les Hongrois, et je veillerai à ce que la Constitution soit respectée. » Il a également promis de promouvoir l'indépendance de la justice et de lutter contre la corruption.
Une victoire symbolique pour l'opposition
Cette élection intervient dans un contexte de défiance croissante envers le gouvernement. Selon un sondage récent, 54 % des Hongrois estiment que le pays va dans la mauvaise direction. L'opposition espère que cette victoire donnera un nouvel élan à sa mobilisation avant les élections législatives de 2028.
Sur le plan international, la nouvelle a été bien accueillie par plusieurs capitales européennes, qui y voient un signe de résilience démocratique. Bruxelles a toutefois rappelé que la Hongrie reste sous le coup de la procédure de l'article 7 pour non-respect de l'État de droit.
Le président élu prendra ses fonctions le 1er septembre prochain. Il aura pour principale mission de représenter l'État et de promulguer les lois, mais aussi de nommer certains hauts responsables, notamment à la tête de la banque centrale et du parquet.



